Des conditions d’élevage contre-nature

D’après le Conseil de l’Europe : « Tout animal doit bénéficier d’un logement, d’une alimentation et de soins qui, compte tenu de son espèce, de son degré de développement, d’adaptation et de domestication, sont appropriés à ses besoins physiologiques et éthologiques, conformément à l’expérience acquise et aux connaissances scientifiques. » Force est de constater que les animaux destinés à la production de foie gras sont loin d’évoluer dans un environnement conforme à leurs besoins, physiologiques ou comportementaux.

L’image d’Epinal de la fermière attrapant son canard, le coinçant entre ses cuisses pour lui administrer la dose de maïs et le relâchant dans la basse-cour pour qu’il aille « digérer » l’opération de gavage en retrouvant ses compagnons d’infortune ou en s’ébrouant dans la mare… est une image fausse. La production de foie gras est une activité industrielle où l’animal doit développer une « stéatose hépatique » en un temps défini. Le bien-être de l’animal n’entre pas en ligne de compte. S’il l’était, le foie gras disparaît de nos assiettes. Toute la chaîne de fabrication du foie gras va, en effet, à l’encontre de la nature même des palmipèdes comme en témoignent les scientifiques tout comme nos investigations menées dans une ferme des Deux-Sèvres.

Taux de mortalité supérieur
En dehors des problèmes liés au gavage lui-même, l’élevage impose de nombreuses privations à l’animal. Conséquences : blessures, troubles du comportement, situation de stress, pouvant entraîner la mort. En effet, il a été constaté que le taux de mortalité était de 10 à 20 fois supérieur, au taux admis (0,2 %), pour les palmipèdes gavés. La promiscuité dans les lieux d’élevage offre de plus un terrain privilégié au développement de maladies aviaires.

Contre-nature
L’élevage en batterie, tel qu’il est encore pratiqué en France, est contre-nature. Un palmipède a besoin de déployer ses ailes ; animal aquatique il doit pouvoir évoluer dans l’eau ; il a besoin de lisser son pelage, de le graisser ou de simplement se nettoyer… Impossible de satisfaire ces activités naturelles pour un animal confiné dans une cage dont la taille peut être inférieure à celle des poules. La cage peut, par ailleurs, devenir une source de blessure lorsque le canard grossit et qu’il ne peut même plus passer son cou à travers le grillage.

Stress, agressivité… et comportements anormaux
Ses besoins physiologiques ne sont pas respectés. La poudre de maïs cuit et salé mélangé à de l’eau n’est pas une alimentation équilibrée. Ses besoins sociaux pas plus. Espèce grégaire, le canard a besoin de s’inclure dans un groupe auquel il sera fidèle… mais dans des parcs à 15 ou 18 par 3m2 difficile de « nouer » des relations. Stress, agressivité et coups de bec sont le lot quotidien des animaux en batterie. Ce n’est pas là le seul comportement anormal. Le canard mâle étant, selon la réglementation de 1996, le seul à pouvoir être gavé, l’animal n’a aucun contact avec des femelles ce qui induit, notamment, une atteinte au processus « d’imprégnation filiale » : les oisons et les canetons s’attachent aux premiers individus qu’ils voient, c’est-à-dire l’humain. Ce même humain qui va ensuite les soumettre à de terribles souffrances pendant les séances de gavage.

Des lois non appliquées
L’élevage, comme le gavage, ne sont pas adaptés aux palmipèdes. Le Conseil de l’Europe en avait pris la mesure suite au rapport remis par le Comité scientifique pour le bien être de l’animal. Il a donc fixé de nouvelles règles pour encadrer cette pratique telle que, par exemple, la prohibition des cages individuelles à cause du grand inconfort qu’elles engendrent. Pour protéger sa production, la France n’a pas adapté ses textes de loi et a repoussé la mise en application. Le pays a même réussi à faire jouer son « exception culturelle » sur le sujet.
Par ses actions d’investigation et d’information, One Voice entend mettre au grand jour les dessous d’un commerce et d’une tradition culinaire indignes des hommes et des femmes du XXIe siècle.

« Le stress répété que subissent les canards explique une large proportion des 4 à 10 % des cas de mortalité qui sont constatés jusqu’à l’abattage. » René Dayan

« Les techniques traditionnelles de gavage se sont dramatiquement modifiées durant les trente dernières années pour rationaliser et industrialiser une production afin d’en accroître les bénéfices. Ceci a eu un impact direct tant sur les espèces soumises au processus que sur les conditions de détention et la composition des aliments livrés à la consommation. Ces modifications se sont faites sans aucune considération quant au bien-être animal. Il est évident que non seulement les conditions de bien-être n’ont pas été améliorées mais, qu’au contraire, elles se sont détériorées. »
Extrait du rapport du Comité scientifique remis au Conseil de l’Europe

 

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1. Des conditions d’élevage contre-nature

2. Le gavage : source de souffrances et de maladies

3. L’exception culturelle française face à la loi européenne

 

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Commentaires
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    MATHIEU Christine

    le 2 mars 2012 à 17h06

    La torture des volailles en batterie : Assez !! Comment peut-on traiter ces malheureux animaux ainsi, sacrifier des poussins dits « inutiles » en les broyant ou les asphyxiant, ou leur couper le bec avec une lame surchauffée, c’est des bébés et c’est inhumain !! Quant aux poules et poulets, dindons et autres, il faut aussi cesser toutes ces souffrances !!