Plus de la moitié des émissions de gaz à effet serre est due à l’élevage des animaux pour la production de viande. L’élevage intensif devrait encore accroître son impact négatif sur les animaux et l’environnement en raison de l’augmentation de la demande mondiale en denrées animales.
Il est urgent de limiter la consommation d’énergie
Le coût écologique de la production mondiale de viande est au moins égal à celui de l’industrie des transports. En 2006, la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations) estimait qu’elle représentait 18 % des émissions de gaz à effet de serre. Le Worldwatch Institute, ONG américaine de recherche environnementale qui conseille l’ONU et la FAO, l’estime aujourd’hui à 51 %. Les principaux gaz à effet de serre non artificiels sont la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone, le méthane, le protoxyde d’azote et l’ozone.
Dans son rapport Vital Signs 2007-2008, le Worldwatch Institute tire la sonnette d’alarme : il est urgent de limiter la consommation d’énergie et des autres ressources qui contribue aux changements climatiques. Avec une population mondiale de 6,6 milliards de personnes, les écosystèmes, dont dépend toute vie, sont exploités et détruits dans des proportions jamais atteintes jusqu’alors. La consommation croissante de denrées animales y est pour beaucoup. La demande en protéines animales devrait augmenter de 50 % d’ici à 2020 en raison du développement des pays émergents.
Les forêts sont détruites pour planter du soja
Selon ce rapport, en 2005, la déforestation a battu tous les records. La production de viande a été de 276 millions de tonnes (43 kg par personne) en 2006, un niveau encore jamais atteint. La consommation de viande implique la production de soja pour nourrir les animaux. En Amérique du Sud, les plantations de soja devraient entraîner la disparition de 22 millions d’hectares de forêt tropicale et de savane dans les 20 ans qui viennent.
La consommation croissante de poissons et crustacés entraîne la disparition de nombreuses espèces de poissons. En 2004, 156 millions de tonnes en ont été consommés, soit trois fois plus par personne qu’en 1950.
Les changements climatiques menacent la biodiversité en accélérant la destruction de l’habitat des animaux, en modifiant leurs périodes de migration et la floraison des végétaux dont se nourrissent les herbivores.
L’industrie de la viande tue et pollue
En 2006, le rapport de l’ONU Livestock’s Long Shadow a montré l’impact dramatique de la production de viande sur l’environnement. La culture des végétaux pour nourrir les animaux, leur transport, leur abattage, et le transport de la viande, entraînent d’énormes émissions de gaz à effet de serre, une consommation d’eau irraisonnée, la destruction de la biodiversité, la dégradation des sols et de la qualité de l’air et de l’eau par la transformation des écosystèmes en champs pour monoculture intense ou en pâturages.
La culture des végétaux nécessite l’utilisation de machines agricoles, donc d’énergie, de pesticides et de millions de litres d’eau. Ces végétaux, dont le soja OGM d’Amérique du Sud, sont ensuite transportés notamment vers l’Europe pour nourrir les animaux d’élevage. Ceux-ci génèrent des tonnes d’excréments. Les rejets des élevages concentrationnaires de porcs et de volailles bretons sont à l’origine des proliférations d’algues vertes qui polluent les plages et ont déjà provoqué la mort d’une personne, de chiens et d’un cheval.
L’abattage des animaux implique leur transport depuis l’élevage, leur mise à mort et leur découpe, coûteux en eau et en énergie, puis le transport de la viande obtenue sur de longues distances en véhicules réfrigérés, eux aussi grands consommateurs d’énergie. Le rendement énergétique de l’industrie de la viande est donc très négatif.
Manger moins de viande pour préserver l’environnement
Le rapport Livestock’s Long Shadow estime que 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre sont dus à l’élevage de bovins, moutons, chèvres, chameaux, porcs et volailles. Une récente analyse des auteurs du rapport démontre que la production de viande représente aujourd’hui au moins 32,6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an, soit 51 % du total.
One Voice souligne que la réduction de la consommation – donc de la production – de viande et de produits animaux est un geste bien plus important que l’isolation des logements ou le covoiturage pour préserver l’environnement. L’association regrette que cette mesure ne soit pourtant jamais évoquée.
Manger moins de viande et de produits animaux, voire plus du tout, est un acte de protection de l’environnement et limite la souffrance animale. Un régime végétarien équilibré est en outre meilleur pour la santé que les régimes carnés.


















