Chasse en France : des porteurs de fusils qui imposent leurs lois

portrait de sanglier (photo 1)
La chasse en France est le fait d’une minorité qui impose ses choix. Ce loisir cruel envahit nos forêts, qui deviennent le fief exclusif des porteurs de fusils, aux tirs trop souvent hasardeux… One Voice, qui appelle à des loisirs sans barbarie, dresse ici le sombre portrait d’une France soumise à la cruauté des armes.

Une minorité de chasseurs !
Les fédérations de chasseurs se plaisent à détourner les chiffres en clamant que la France est le 1er pays de chasseurs en Europe, devant l’Espagne et l’Italie. Si c’est vrai en nombre, placé en perspective de la population française, c’est loin d’être le cas ! A peine 2% des français préfèrent se promener en forêt un fusil à la main… C’est en réalité la Finlande, avec 5,88% de chasseurs qui devrait occuper la première place.

Un nombre qui ne cesse de diminuer
Déjà peu représentatifs des français, les chasseurs ne cessent de voir leur nombre diminuer. Malgré une très légère hausse du nombre de licences délivrées pour les saisons 2005/2006 et 2006/2007, la saison 2007/2008 marque une nouvelle étape… Seulement 1 343 926 licences ont été validées, soit une baisse de 1,25% par rapport à la saison précédente et de 1.1% par rapport à 2004/2005… En 20 ans, le nombre de chasseurs a diminué de 25% ! Comment se peut-il alors qu’ils continuent à faire la loi dans nos campagnes ?

La loi favorable à la chasse
Malgré leurs faibles effectifs, les chasseurs ont du poids dans les décisions législatives. Ils ont obtenu le statut de gestionnaires de la faune sauvage et, malgré les faits, se proclament protecteurs de la nature (voir la chasse et l’écologie). Ils obtiennent ainsi des autorisations contraires à la législation européenne, notamment en matière de dates d’ouvertures et de fermeture, mais aussi concernant les espèces chassées (voir réglementation).

Canards morts (photo 1)Fusil de chasse (photo 1)

Les animaux chassés
En France, on compte 90 espèces chassables. Une étude réalisée en 1998/1999 par l’ONCFS et concernant 39 de ces espèces, révélait le chiffre exorbitant de 30 millions d’animaux tués au fusil… Dont près de la moitié étaient des animaux d’élevage lâchés. Evidemment c’est beaucoup plus facile de tirer sur un animal qui n’a pas peur… Il faut aussi noter que ce chiffre n’inclut pas les oiseaux blessés et jamais retrouvés. Et n’oublions pas non plus les autres modes de chasse (à courre, à l’arc, déterrage…) qui font aussi de nombreuses victimes.

Les accidents
La chasse n’a rien d’un loisir sans risques. 163 accidents pour la saison 2007/2008, dont 15 morts. Il y en avait eu 24 la saison précédente. Les chasseurs aiment rappeler les statistiques des sports extrêmes pour se justifier. Malheureusement, dans leur cas, les victimes se comptent aussi parmi les non-chasseurs. Les vététistes et autres promeneurs en forêts sont trop souvent confondus avec des sangliers… Pire, certains accidents prouvent un non respect flagrant de la réglementation, tel des cyclistes ou même un camionneur passant sur une route de forêt et victimes d’une balle perdue, tirée en contrebas. Bilan : un mort, un blessé. Alors, impossible d’approcher les forêts ? Malgré les demandes insistantes de plusieurs associations d’établir une journée sans chasse, comme celle mise en place par Dominique Voynet et vite retirée par Roselyne Bachelot, où il serait possible de se promener en forêt sans risquer de prendre une balle égarée ou d’être confondu avec un sanglier, le gouvernement s’applique à favoriser les chasseurs.  2% de la population qui en mettent 98% en danger… La démocratie ?

Bilan officiel pour la saison de chasse 2007/2008 : 163 accidents déclarés et 15 morts.

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