Chiens et chats exploités pour leur fourrure

abattage d'un chien (photo 1)
L’importation et la commercialisation des peaux de chiens et de chats est interdite en France, depuis 2006. Néanmoins, la production et le commerce de ces animaux familiers, notamment pour leur fourrure, se poursuivent sans réglementation en Asie.

 

Si les chiens et les chats sont mangés en Asie, c’est au niveau mondial que leur fourrure était auparavant consommée. En 2000, les Etats-Unis ont mis un terme à ce commerce, suivis par la France en 2003, puis par l’Europe. Un arrêté français, publié au Journal Officiel le 13 janvier 2006, stipule dans son premier article : « L'introduction, l'importation et la commercialisation en France de peaux, brutes ou traitées, de chiens et de chats, et de produits qui en sont issus, sont interdites.

Contrefaçons hors la loi
Ce texte permet donc d’éviter les dérives que rendait possible l’arrêté de 2003, qui n’en interdisait que l’introduction. Mais cette législation est difficile à appliquer efficacement sur l'ensemble du territoire européen. En effet, de nombreuses contrefaçons permettent d’échapper à la loi : de faux noms, comme « loup d’Asie » ou « loup des montagnes », la teinture des peaux, leur utilisation dans des objets tels que des tambours, des peluches, etc. Les institutions préconisent déjà la mise en place de méthodes de détection (tests ADN des fourrures) et la clarification des appellations.

Ce commerce perdure
Si l’on ne peut que saluer ces avancées législatives, il n’en demeure pas moins que ce commerce perdure. Dans de nombreux pays du monde, notamment en Asie, les fourrures de chiens et de chats sont monnaie courante. Tout comme pour le commerce de la viande d’animaux familiers, il n’existe pas de statistiques officielles en la matière, mais les chiffres – extrapolés d’après diverses saisies et investigations – font état de centaines de milliers de chiens et chats massacrés chaque année. Une firme chinoise a déclaré à des investigateurs qu'elle disposait de 50 000 peaux de chiens et autant de chats. Une autre avait 100 000 fourrures de chats en stock. Des documents sur les exportations d'une société pékinoise révèlent qu'une seule livraison peut représenter entre 40 000 et 55 000 peaux de chats, voire plus.

Élevages en Chine
En Chine, pays suspecté depuis longtemps d'être le principal acteur du commerce de chiens et de chats pour la fourrure, il existe de réels élevages – propriétés de l'État ! – situés essentiellement dans le Nord, là où les hivers plus rigoureux permettent d'obtenir des pelages "plus épais et de meilleure qualité".
Mais les intermédiaires sont souvent situés à Pékin : des sociétés officielles de "sous-produits animaux"... Ce commerce est lié à la boucherie ; les chiens sont mangés un peu partout en Chine, les chats seulement à Canton. Les fermes à chiens comptent de 5 à 300 animaux, celles à chats ne dépassent guère les 70. Mais de nombreuses familles arrondissent leurs revenus en élevant quelques chats ou chiens qu'ils tuent en hiver – c'est la saison – et vendent au marché en plein air (il en existe dans de nombreux villages).

Portrait chaton (photo 1)Portrait chiot (photo 1)

Des conditions scandaleuses
Les enquêtes en Chine et en Thaïlande, effectuées par le cinéaste allemand Manfred Karremann et Rick Swain, le directeur du département "investigations" de HSUS (Humane Society of the United States, une association américaine de presque 3 millions de membres avec laquelle One Voice a collaboré) ont révélé des conditions de vie et d’abattage scandaleuses (cf. encadré).
One Voice met tout œuvre pour obtenir l’interdiction totale et définitive d’un tel commerce.
 

"Quand la fourrure de chat est teinte, il n'est pas facile de la distinguer des autres fourrures."
Phrase du président d’une société allemande, spécialisée dans le commerce de fourrure de chat

Sur les traces d’un commerce scandaleux
Les enquêteurs ont visité une ferme de chiens au nord de Harbin (Mandchourie). En dépit du froid vif de février, la pièce n'était pas chauffée et les chiens attendaient entourés des cadavres de leurs compagnons, suspendus à des crochets. Parfois ils subissaient plusieurs heures de route dans des sacs jusqu'à Harbin. Là, dans le sombre hangar d'une boucherie, sans eau ni nourriture, ils étaient attachés par de courtes chaînes ou pire : avec un mince fil de fer. Le boucher en tuait 10 à 12 par jour, vendant la viande d'un côté et la fourrure de l'autre.

Pour certains, le supplice se prolongeait encore un peu, des restaurants (notamment coréens) commandant les chiens vivants pour avoir de la viande plus fraîche. Dans l'un d'eux, un enquêteur a vu un chien, tiré hors du sac, agiter la queue – confiant et content. Mais quand le boucher l'a immobilisé avec du fil de fer, il a paniqué et tenté de s'échapper. Écartant la patte arrière gauche, le boucher l'a poignardé à l'aine. Commençant à saigner à mort, il a hurlé et s'est débattu, mais le fil métallique cisaillait son cou. Quelques minutes plus tard, le boucher a arraché sa fourrure, sous le regard des autres chiens en train d'attendre sur le sol glacé.

Signalons que plusieurs chiens ont été observés encore vivants lors du dépeçage : une vidéo montre même un berger allemand clignant des yeux... C'est d'ailleurs la race la plus appréciée pour sa fourrure : les "gris" se vendent un peu plus cher que les "jaunes" et on fait même passer leur fourrure pour celle du renard ou du raton laveur asiatique.

 

 

 

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