Une question trop longtemps ignorée
Depuis déjà plusieurs années les experts de tous horizons (GIEC, OMS, FAO…) tentent d’alerter le public sur l’impact dramatique de la production de viande sur le climat. Pas ou peu évoquée, cette question devrait pourtant être placée au cœur des débats lors du sommet de Copenhague qui se déroule actuellement au Danemark.
La viande en question
En octobre 2008, One Voice invitait déjà le public, à travers son mouvement OWOC, à adopter un premier geste d’urgence planétaire en diminuant sa consommation de viande. La viande est à l’origine d’une déforestation massive de la planète et contribue à une famine grandissante dans le monde. Les méthodes d’abattage entraînent chaque jour plus de souffrances et d’irrespect envers les animaux. La production de viande génère à elle seule plus de gaz à effet de serre que les transports, dont le problème est pourtant connu de tous. Il est temps que cela change ! Les vraies questions doivent être résolues. Les prises de positions de plusieurs personnalités internationales vont en ce sens : il est urgent d’agir et de modifier nos habitudes.
Un appel qui doit être entendu
Rajendra Pachauri, expert du climat et prix Nobel de la paix en 2007, appelle depuis longtemps à un changement radical de nos habitudes de consommation. En janvier 2008, il déclarait : « Je souhaiterais un mode de consommation qui protège cette planète et traite les animaux […] avec respect et attention. » Il invitait le monde entier à manger moins de viande compte tenu de l’impact énorme de sa production sur le climat. Il s’est récemment associé à Paul McCartney et a invité les européens à faire le choix d’un jour sans viande par semaine. D’après le Nobel de la paix : « Une journée sans viande est une mesure efficace à court terme. Elle permettra de réduire les émissions de l'élevage de 5,6 voire 8% ». Et « un jour sans viande [ndla : pour une personne] représente une réduction des émissions de CO2 équivalente à un voyage de 1.700 km en voiture » a précisé McCartney, lors d’un débat au Parlement européen le 3 décembre dernier.
Grève de la viande à Copenhague !
10 personnalités médiatiques françaises, parmi lesquelles figurent Jean-Marie Pelt, Corinne Lepage et Pierre Rabhi ont quant à elles lancé un appel courageux pour que soit reconnu « l’impact de la viande sur l’environnement, la sous-alimentation humaine et la souffrance animale. » Ils demandent « un moratoire sur l’élevage intensif et des mesures énergiques pour faire baisser la consommation de produits d'origine animale. » Une pétition, destinée au premier ministre français, peut-être signée en ligne ici : www.viande.info. One Voice salue cette initiative.
Urgence pour la planète
Une diminution significative de la consommation de viande permettra d’obtenir des résultats rapides. Mais pour enrayer à long terme le phénomène, c’est l’ensemble du système qui doit être revu : depuis les modes de culture intensifs jusqu’aux élevages hors sol de nombreuses pratiques doivent être abandonnées. Les conséquences économiques pour le secteur agricole dépendront de sa capacité à s’adapter. Elles ne peuvent continuer à être prioritaires quand c’est l’avenir de l’humanité et plus généralement de la vie sur terre qui est en jeu. Le choix des consommateurs ne pourra être ignoré par les industriels. Au-delà de Copenhague, One Voice appelle le public à s’engager en modifiant ses habitudes alimentaires.

Rapport
L'élevage, la viande : le désastre
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