Grippe porcine : aucune remise en question de l’élevage des porcs

cochons en pâturage (photo 1)
La gestion des risques de pandémie de grippe, porcine ou aviaire, ne remet jamais en question les conditions d’élevage de ces animaux. Des milliards sont dépensés pour préserver la santé humaine alors que la gestion de la maladie chez les animaux passe souvent par des abattages massifs.

Le risque d’une pandémie est réel
Les cas humains de grippe porcine survenus au Mexique, aux Etats-Unis et en Espagne (données au 27 avril) mobilisent les autorités sanitaires mondiales. Le risque d’une pandémie (épidémie touchant tous les continents) est réel mais pas nouveau. Ce n’est pas la première fois qu’une recombinaison d’un virus grippal menace la santé humaine. Une épidémie d’une grippe similaire avait fait des millions de morts dans le monde en 1918.

Les virus grippaux des humains, des porcs et des oiseaux peuvent se recombiner entre eux et devenir très dangereux pour notre espèce. Pour se produire, les recombinaisons nécessitent un contact entre espèces. Au 27 avril, aucune information n’était disponible concernant l’origine des cas humains de grippe porcine, dont les premiers sont survenus à Mexico, en milieu urbain. Des personnes ayant eu des contacts avec des porcs porteurs d’un virus grippal, dont une partie est d’origine humaine, sont nécessairement à l’origine de la maladie.

Le bien-être animal et la santé humaine sont liés
Comme celui des oiseaux lors des alertes à la grippe aviaire, le sort des porcs porteurs de virus ou malades est passé sous silence. One Voice rappelle qu’en Europe et aux Etats-Unis, des millions de volailles et de porcs sont élevés dans des élevages industriels concentrationnaires, dans des bâtiments dont ils ne sortent que pour être emmenés à l’abattoir. Ils ne connaissent ni la lumière du jour, ni la vie à l’extérieur.

Il ne s’agit pas d’accorder plus d’importance au bien-être animal qu’à la santé humaine. Les deux sont liés. Qu’ils soient produits en élevage industriel en Occident ou élevés dans des conditions tout aussi sordides en Asie, les porcs - et les volailles – exploités pour leur viande peuvent en effet constituer un danger pour la santé humaine.

La production et le commerce pèsent plus lourd que l’éthique et la santé
One Voice souligne que le foyer de grippe aviaire hautement pathogène diagnostiqué en France il y a quelques années avait touché un élevage industriel de dindes. Les oiseaux sauvages n’étaient donc pas à l’origine de la contamination de ces dindes confinées, qui ont toutes été abattues. L’introduction du virus a probablement été le fait d’une personne dont les chaussures ou les vêtements avaient été contaminés.

Les enquêtes épidémiologiques internationales ont montré que les foyers de grippe aviaire observés à distance des cas asiatiques résultaient d’une activité humaine. C’est notamment le cas des foyers africains, dus à l’introduction illégale de volailles porteuses du virus importées de Chine.

One Voice regrette que la gestion des risques de pandémie grippale, qu’elle soit d’origine porcine ou aviaire, ne remette jamais en question l’élevage des animaux et ses conditions. Des milliards sont dépensés pour évaluer les risques liés à la grippe porcine, préparer des plans sanitaires et mettre en place des traitements pour les humains. Les animaux continuent à être élevés en très grande promiscuité avec les personnes dans les pays pauvres. Les élevages industriels des pays développés continuent à produire de la viande. Préserver la production intensive et le commerce pèse plus lourd que l’éthique et la santé.

 


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