L’élevage : un concentré de souffrances

élevage de chinchillas (photo 2)
Conditions du bien-être des animaux non respectées, conditions de la mort indignes : les centres d’élevage concentrent en leur sein toutes les souffrances possibles. Ni les lois, ni les systèmes, plus ou moins « humanisés », mis en place, ne permettent de produire des fourrures « sans cruauté ». En la matière, il n’existe aucune « bonne » méthode.

S’acheter un manteau fabriqué avec de la fourrure d’animaux d’élevage peut sans doute donner bonne conscience à celui qui l’achète ; néanmoins, il porte sur lui les traces de la souffrance et de la barbarie. D’abord parce que des animaux continuent à être piégés dans la nature pour les besoins de l’industrie de la fourrure. Ensuite, parce que s’ils sont élevés spécialement pour leur fourrure, visons, chinchillas, renards, lapins, etc., n’en perdent pas pour autant leur vraie nature. Enfermés dans des cages grillagées sur pilotis ouvertes à tout vent, ces animaux, aux besoins physiologiques et comportements variés, subissent un concentré de souffrances au cours de leur courte existence comme dans la mort.

Besoins biologiques bafoués

• Par exemple, de mœurs solitaires, les visons ont besoin d'un vaste territoire où l'eau est très présente. Les mustélidés, espèce non domestiquée, souffrent considérablement des manipulations humaines particulièrement stressantes avec l’utilisation de pinces et de gants pour éviter les morsures. Les renards, eux, sont spécialement effrayés par les humains : leur stress est permanent, même lorsqu'ils ne sont pas manipulés. Et dans les cages, ils n'ont aucun endroit où se réfugier.

• Les cages, aux dimensions incompatibles avec le plus élémentaire respect de l'animal, sont surélevées afin que les animaux ne puissent pas s'échapper. Leurs pattes reposent sur du grillage très fin qui blesse douloureusement leurs coussinets. Malgré cela, les animaux tournent en rond, jusqu'à la folie. C’est là le seul exercice physique qui leur soit permis. Selon une étude de l'Union européenne – the welfare of animals kept for fur production – réalisée en 2001, les cages ne correspondent pas aux besoins des animaux.

• Ouvertes aux intempéries, les cages sont souvent des prisons mouroirs. En plus du vent, du froid et de la neige dont ils souffrent l'hiver, n'ayant pas de terrier, les renards et visons redoutent aussi la chaleur dont ils ne peuvent s'abriter. L'été, 10 % des animaux à fourrure meurent de chaud dans les élevages. Les putois et les chiens viverrins sont, eux, très sensibles au froid, et les pattes de ces derniers peuvent même geler.

• Les animaux devraient être nourris quotidiennement, mais il n'y a pas toujours le temps de veiller à l'état de santé de chacun : il faut savoir qu'en Scandinavie, le fermier n'habite bien souvent même pas aux abords de son élevage. De plus, si l’on en croit les éleveurs eux-mêmes, la nourriture représente la moitié du coût de revient d’une fourrure, d’où un poste à économies avec des sous-produits de viande et de poisson de mauvaise qualité, quand ce ne sont pas les carcasses des autres animaux à fourrure tués précédemment.

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Maladies et blessures sans soins

• Les animaux attrapent de nombreuses maladies, souvent contagieuses. Les malades ne sont pas toujours soignés par souci d'économies : l'animal n'a que peu de temps à vivre et sa fourrure n'est pas détériorée par des affections oculaires ou auriculaires par exemple. Souvent, on fait « tenir » jusqu’à la date normale d’abattage un animal blessé ou malade si sa fourrure est de grand prix.

• Les captifs souffrent aussi de nombreux parasites : puces, poux, tiques, acariens divers ainsi que des mouches attirées par les monceaux d’excréments qui s’accumulent sous les cages.

• L’insémination artificielle est également fréquemment à l’origine d’infections de l’utérus.

Conditions de la mort indignes
La mort est fondée sur un seul impératif : tuer l’animal au moindre coût sans abîmer sa peau. Selon les pays, les méthodes employées pour donner la mort varient : électrocution, empoisonnement mais aussi gazage avec des produits chimiques ou fracture des vertèbres cervicales… (cf. encadré). Des procédés d’abattage cruels qui ne préservent pas de l’agonie, alors que dans son rapport sur la santé des animaux, le Comité scientifique de l’Union européenne souligne que « l’euthanasie devrait être menée avec des méthodes humainement acceptables uniquement. »

Élevage et bien-être animal incompatibles
Dans ce même rapport qui dressait un état des lieux et listait toute une série de mesures pour prendre en compte le « bien-être animal » dans les élevages, le Comité scientifique soulignait que « les cages devraient être entièrement revues afin d’apporter le confort nécessaire aux animaux ». Il y était aussi indiqué que « les éleveurs ne devraient être autorisés à détenir des animaux que s'ils disposent d'un diplôme sanctionnant leurs connaissances en matière de gestion de l'espèce, de bien-être et de biologie ». Et que leurs installations « devraient être inspectées au moins une fois par an »… autant de recommandations qui, si elles étaient appliquées, sonneraient la fin de ces fermes à souffrance.

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Fermeture de tous les centres d’élevage
C’est parce qu’elle est certaine que l’élevage est incompatible avec le bien-être animal que One Voice demande la fermeture de tous les centres d’élevage d’animaux pour leur fourrure. Ses investigations au cœur de ces centres indignes et les sauvetages réalisés en témoignent. Ni les lois, ni la mise au point de nouvelles méthodes, ni même l’élaboration d’un label Origin AssuredTM ne pourront jamais permettre la production de fourrure « sans cruauté ». De plus, au même titre que les autres élevages intensifs, cette activité est dommageable pour l’environnement. Alors quel est l’intérêt, en cette période de réchauffement climatique, à porter des manteaux de fourrure sinon pour satisfaire la vanité d’une poignée ?
 

L’Europe produit 70 % de la fourrure d’élevage dans le monde.
Selon l’EFBA, les pays européens fournissent 67 % de la production globale de visons et 70 % de celle des renards, soit 4,3 millions de peaux de renard par an et 29,5 millions de peaux de visons

ECHANTILLONS DE MORTS

• L'électrocution est très douloureuse (les électrodes dans la gueule et dans l'anus chauffent et brûlent) et parfois longue car le cerveau n'est pas traversé par le courant. En outre, le voltage n'est pas toujours assez fort pour tuer immédiatement.

• L'empoisonnement. Le dithillinium, poison curarisant, se contente de paralyser les renards mais ne les tue pas : ils ressentent la douleur quand on les écorche. Interdit en Finlande, ce produit bon marché est largement utilisé en Russie car arracher la peau d'un animal encore chaud est plus facile. La strychnine, voire même des désherbants – facilement disponibles dans le commerce – sont également employés.

• Autres moyens de donner la mort : rompre les vertèbres cervicales des animaux, les gazer avec des produits chimiques à base de cyanure, les asphyxier avec les gaz d'échappement d'un véhicule ou les mettre dans une chambre de décompression.
(Source : FIC (Institut de la fourrure du Canada))

 

 

 

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