Le gavage : source de souffrances et de maladies

gavage de canards (photo 1)
Le gavage est une opération pénible et douloureuse pour l’animal, destinée à le rendre « malade ». L’industrialisation de la production de foie gras n’a fait qu’accroître les souffrances.

Imaginez qu’on vous force à avaler 12kg de spaghetti en 5 secondes… et vous pourrez imaginer ce que subit un canard ou une oie, destinés à la production de foie gras. Si certains s’évertuent à démontrer que le gavage est indolore pour les palmipèdes, ces deux chiffres mis côte à côte font, si besoin était, la démonstration inverse. Nombre de scientifiques et de vétérinaires, s’insurgent d’ailleurs contre ces approches expérimentales qui tendent à démontrer que les animaux ne ressentent rien au moment du gavage. Le Dr Vétérinaire Yvan Beck est l’un d’eux. Mais c’est un fait : souffrances physiques et maladies, avant la mort, ponctuent la courte vie des animaux condamnés à produire du foie gras.

Une maladie
Ce qui arrive dans nos assiettes est un foie malade. Le foie gras est en effet une maladie du foie, la « stéatose hépatique nutritionnelle », un processus pathologique donnant une hépatomégalie (foie énorme) qui se transforme à terme en hépatonécrose mortelle. Les animaux sont donc tués avant d’atteindre le stade où la maladie les emporte. Le palmipède peut également développer des infections secondaires, directement induites par le gavage, appelés « germes de sortie » comme des parasites, champignons, infections bactériennes. Ces maladies sont traitées par des médicaments qui, donnés peu de temps avant l’abattage, laissent des résidus chimiques dans le foie. Mais ce ne sont pas les seules. L’augmentation des élevages industriels a vu la croissance de nombreuses maladies, comme les maladies aviaires.

Dommages physiques
L’opération en elle-même n’est pas sans danger pour l’animal. Des dommages physiques peuvent découler directement du gavage. Il peut s’agir de souffrances qui viennent des récepteurs sensoriels de la bouche ou du gosier blessés par des passages répétés de l’embuc. Mal de cou, mal de jabot, perforation de l’œsophage, brûlures à cause du maïs trop chaud, élargissement de la rate et du foie qui viennent presser d’autres organes… mais aussi asphyxie quand le maïs passe accidentellement dans la trachée, crise d’hypoglycémie, troubles circulatoires, encéphalohépathie, mort subite… autant de lésions faisant souffrir l’animal quand elles ne le tuent pas. Sans compter le stress énorme pour l’organisme…

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Des souffrances démultipliées dans les centres d’élevage
Dans les centres industriels, les dommages causés par le gavage sont accentués et démultipliés. Le confinement dans des cages empêche les activités naturelles. Mais pas seulement. Privations des besoins sociaux, physiologiques donnent lieu à des troubles du comportement chez le palmipède. C’est parce que le Conseil de l’Europe avait pris la mesure de l’inadaptation de cette pratique à l’espèce qu’en 1999 il a fait évoluer les règles encadrant le gavage et l’élevage des animaux. Bien qu’encore insuffisantes, ces règles n’ont même pas été adoptées dans la législation française. La France se prévalant d’une « exception culturelle ».
Pour One Voice, il ne reste qu’une seule solution : l’interdiction pure et simple de cette pratique, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays d’Europe et d’ailleurs (certains états des Etats-Unis, en Suisse, en Argentine…). C’est dans ce sens que sont menées les campagnes d’information et d’investigation de l’association.

 

La production de foie gras a plus que doublé depuis 1993. En vingt ans, elle a été multipliée par 8. Plus de la moitié des foies gras consommés en France est d’origine étrangère, hongroise ou bulgare.

ENGRAISSER… ET MOURIR
Une fois adultes, après un prégavage d'une dizaine de jours, servant à dilater l'œsophage du palmipède (400 g/jour pour un canard, 700g pour une oie), débute la phase de gavage précédant la mort : 15 jours pour un canard, de 18 à 24 pour une oie. Les oies reçoivent environ 900g par jour, en 3 à 5 séances (rarement 5). Les canards mulards, hybrides stériles issus essentiellement de canards de Barbarie et de canes colvert représentent 95% des canards gavés (seulement 5% de "Barbarie" purs). Ils sont engraissés avec 800g journaliers, voire un peu plus, en deux fois. Même en France, les élevages en grande majorité utilisent des systèmes industriels, électriques ou électro-pneumatiques. Un canard mulard se voit injecter un demi-kilo de maïs humide en cinq secondes ! L'équivalent de 12 kg de spaghettis arrivant dans notre estomac en 5 secondes, deux fois par jour.
Au terme de cette période, le foie est prêt à être prélevé. Il faut alors abattre l’animal en le faisant saigner rapidement et totalement pour éviter les traces de sang sur le foie, car il aurait alors moins de valeur, mais l'étourdissement préalable par électronarcose n'évite pas les souffrances. Les animaux sont suspendus par les pattes et plongés dans un bain d'eau électrifiée. Ils se débattent convulsivement pendant cette phase, et parfois encore après, au moment d'être égorgés.

 

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