Viande et environnement : la planète en péril

portrait de vache (photo 2)
L’élevage pollue. Deuxième source de gaz à effet de serre, la production de viande est également à l’origine de pollutions fluviales et terrestres, de déforestations à grande échelle, de désertification… Par voie de conséquence, elle contribue à accroître la faim dans le monde.

 A chaque steak mangé par un humain, notre empreinte écologique en CO2 augmente de 1,8 kg. En effet, selon le rapport de la FAO (Livestock’s Long Shadow – Environmental Issues and Options – 2006), l’industrie de l’élevage destiné à la production de viande, d’œufs et de produits laitiers est la deuxième source de gaz à effet de serre. Pour un seul kilo de viande, ce sont 34,2 kg d’équivalent CO2 qui sont émis.

Émissions tout azimut
Toujours d’après la FAO, l’élevage est responsable de près du cinquième de l’ensemble des émissions contribuant au réchauffement climatique. Si l’on prend en compte les émissions de gaz provenant du fumier, de l’énergie consommée pour produire les engrais utilisés pour l’alimentation du bétail adulte, la digestion des bovins, les émissions provenant des défrichages pour faire paître le bétail…  l’élevage émet, notamment, 37 % du méthane (un gaz dont l’effet en termes de réchauffement est 23 fois plus importants que celui du CO2), 65 % des émissions de protoxyde d’azote, 64 % des émissions d’ammoniac, une des principales causes des pluies acides.

Pollutions de l’eau et de la terre
L’impact sur l’environnement ne se limite pas à la détérioration atmosphérique. Les déjections animales et les résidus de quantités abondantes d’engrais et de pesticides nécessaires pour produire la nourriture contribuent à la pollution des fleuves, des océans et des terres. L’industrie des élevages déverse chaque année 13 milliards de tonnes d’effluents, d’hormones, d’antibiotiques et autres substances chimiques dans la nature. La planète n’est d’ailleurs pas la seule à en pâtir, la santé des humains aussi. 

Déforestation et désertification
Ce ne sont pas là les seules catastrophes écologiques. La déforestation et la désertification galopante en sont des conséquences directes. Près du tiers du total des terres émergées de la planète est consacré à l’élevage, soit pour le faire paître, soit pour cultiver les produits nécessaires à leur nourriture. Ainsi, au cours de ces dernières décennies, 20 % de l’Amazonie a disparu au profit de l’élevage et de la culture du soja destiné presque exclusivement à engraisser les bovins. La disparition des surfaces arables étend inexorablement les déserts au niveau international. Indirectement, l’élevage contribue aussi à la disparition des espèces.

Champ de maïs (photo 1)

Main mise sur les ressources naturelles et alimentaires
L’existence même de l’être humain est mise en danger avec la mainmise de l’élevage sur les ressources alimentaires et naturelles. La moitié des récoltes mondiales de céréales est en effet consacrée à la nourriture des animaux. 90 % de la production mondiale de soja est destinée au bétail. Pour produire 1 kg de bœuf, il faut 10 kg de nourriture alors qu’avec un hectare de légumineuses (haricot, lentilles, pois) on produit dix fois plus de protéines… ce qui permettrait de nourrir l’humanité. La raréfaction de certaines ressources agricoles et l’augmentation du prix de celles-ci, comme le blé, ont entrainé dans de nombreux pays en 2008, ce qui risque de devenir le fléau du XXIe siècle, les émeutes de la faim. 

L’élevage c’est aussi le détournement, à son profit, des ressources en eau : un kilo de viande nécessite de plus 13 500 litres d’eau, un litre de lait, entre 2 000 et 4 000 litres… alors qu’un kilo de pomme de terre, ce sont 500 litres.

Ce détournement des ressources au profit de l’élevage n’est pourtant pas prêt de s’arrêter. Les nouveaux pays riches, comme la Chine, en augmentant la demande en viande entraînent le développement de l’élevage intensif. Mais si l’homme ne diminue pas la part des aliments d’origine animale dans son alimentation, c’est tout son avenir qui risque d’être compromis. 

Par ses campagnes d’information, One Voice entend faire prendre conscience des dégâts écologiques et humains imputables à l’élevage et de l’urgence de changer notre façon de manger pour continuer à nourrir l’espoir de vivre.

Selon les estimations de l’Institut de recherche international sur la politique alimentaire (International Food Policy Research Institute) une baisse de 50 % de la consommation de viande en occident d’ici 2020 permettrait de diminuer de 3,6 millions le nombre d’enfants souffrant de malnutrition dans les pays en développement.

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Un appel historique
Le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), qui a obtenu le prix Nobel de la paix, a récemment lancé au monde entier un appel à manger moins de viande, compte tenu de l’énorme impact de la production de viande sur le réchauffement planétaire.

Cet appel historique, lancé en janvier 2008, a suivi de plusieurs mois la publication d’un article scientifique dans la revue médicale de référence The Lancet proposant que le monde entier s’engage à réduire la consommation quotidienne moyenne de viande.

« Je souhaiterais un mode de consommation qui protège cette planète et traite les animaux et autres êtres vivants comme des éléments de la Création devant être traités avec respect et attention. » Rajendra Pachauri, Président du GIEC. Farm Animal Voice n°171, automne 2008.


Vous pouvez soutenir le combat de One Voice en faveur des animaux destinés aux abattoirs en faisant un don.


 

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