2010, année de la biodiversité ?

Les grands engagements pris en 2002 à Johannesburg lors du sommet mondial pour le développement durable n’ont pas été respectés. La planète connaît un taux d’extinction des espèces sans précédent. One Voice attendait le bilan du sommet mondial de Nagoya pour voir renaître l’espoir.

Nagoya, un espoir pour la biodiversité ?
Du 18 au 29 octobre 2010, à Nagoya au Japon, s’est tenu la 10e Conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique. Durant ces 2 semaines, 193 Etats ont décidé d’une stratégie pour enrayer la perte de biodiversité et surtout adopter un protocole pour l’accès et le partage aux ressources génétiques.
Après l’échec de 2002, les objectifs fixés pour 2020 se devaient d’être ambitieux pour être efficaces. Le résultat est sans précédent : les états membres ont adopté un plan stratégique qui  fixe 20 objectifs pour protéger la nature et enrailler la perte de la biodiversité.

Des forces et des faiblesses
Un des objectifs voté est l’augmentation sensible des aires protégées. Elles représentent aujourd’hui 13% de la surface terrestre et moins d’1% de la surface des océans. D’ici 10 ans, ces aires devront en couvrir respectivement 17 % et 10 %.
Quelques bémols sont à noter à l’issue de cette rencontre internationale : l’absence de certains leaders mondiaux comme les Etats-Unis qui n’ont jamais ratifié la convention sur la diversité biologique (CDB) et l’absence d’un cadre légalement contraignant.

Des mesures urgentes !
Près de la moitié de la faune européenne est menacée, une goutte d’eau si l’on considère qu’à l’échelle de la planète, un tiers des espèces vivantes l’est aussi.
Les océans se vident : 88 % des stocks de poissons sont en surpêche,  99% des baleines bleues ont été décimées et il ne reste plus que 300 baleines franches dans l’Atlantique Nord ! Quant aux forêts, elles disparaissent au rythme de 6 millions d’hectares chaque année.

Tant à découvrir
Aujourd’hui, plus d’un million d’espèces ont été décrites mais les scientifiques estiment qu’il y en aurait 10 fois plus à découvrir avant qu’elles ne disparaissent ! Si cela est fréquent pour les arthropodes comme les insectes, chaque découverte d’une nouvelle espèce de mammifère est un véritable événement ! C’est le cas pour le Rhinopithecus strykeri, un singe observé début 2010 par une équipe de primatologues dans les forêts du Myanmar (Birmanie).

Le singe qui éternue
Ce singe est connu des populations locales pour son nez particulièrement retroussé qui lui vaut son nom de « singe à la figure à l’envers ». Il trahit sa présence par les éternuements que lui provoquerait la pluie sur son nez… Sa découverte tardive s’explique sûrement par l’isolement géographique des 270 km² de son territoire, situés entre le Mékong et d’autres rivières.

Le paradoxe des découvertes

Paradoxalement, les découvertes d’espèces sont intimement liées à la disparition de nombreuses autres, puisque que ce sont souvent la création de routes forestières favorisant l’exploitation du bois qui permettent à l’homme d’atteindre des zones jusque-là préservées. Le Rhinopithecus strykeri en est le parfait exemple. Sa population, évaluée entre 260 et 330 individus, en fait une espèce déjà considérée en danger critique d’extinction…

One Voice encourage les gestes individuels

Pourquoi attendre 10 ans avant d’observer les effets de décisions politiques ?
Ne pas contribuer à la déforestation, c’est choisir des produits alimentaires sans huile de palme, acheter des matériaux en bois certifiés.
Lutter contre le braconnage, le trafic et les invasions d’espèces exotiques, c’est ne pas rapporter d’animaux ni de végétaux des pays visités ni de bijoux ou d’objets en matière animale.
En tant que consommateurs et citoyens de la planète, nous avons tous un rôle à jouer !

Crédit photo: © Dr Thomas Geissman

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