Le 27 avril 2010, les agriculteurs céréaliers sont venus en nombre à Paris pour montrer leur colère face à la baisse de leurs revenus et leur désaccord avec le projet de réforme de la politique agricole commune. Mais cette crise est aussi celle d’une agriculture polluante et non durable. Aujourd’hui, il est temps de repenser ces pratiques pour le bien de tous – agriculteurs et consommateurs – et la préservation de l’environnement.
L’agriculture en France
L’agriculture chimique a vu le jour dans les années 70. Jusque là, les champs de céréales n’avaient jamais connu ni les pesticides ni les hormones. Depuis 40 ans, c’est la course à la rentabilité et aux produits chimiques. Les sols se meurent et notre santé avec. Les agriculteurs sont tenus à bout de bras par les aides de l’Etat qui cautionne ainsi un système courant à sa perte.
Manifester pour pouvoir polluer
Parmi les revendications, les céréaliers demandent un allègement des charges – notamment en matière d’environnement – qui, selon eux, les empêchent d’être compétitifs. Pour résumer, ils veulent avoir le droit de polluer en toute impunité ! Une pollution par ailleurs aussi engendrée par les 1 300 tracteurs conduits depuis les 4 coins du pays pour l’occasion et qui n’a, semble-t-il, choqué personne…
Un virage à prendre
De plus en plus d’agriculteurs ont compris que ce système courrait à sa perte et qu’ils ne pourraient pas en vivre dignement. Ils se sont alors tournés vers l’agriculture biologique, respectueuse du sol, de la biodiversité et de notre bien-être. Aujourd’hui, en France, plus de 13 300 exploitations se sont engagées dans le « bio ». Ces agriculteurs affranchis de la chimie n’ont d’ailleurs plus les mêmes préoccupations et ne faisaient pas partie du cortège des manifestants !
Le paradoxe du bio
En 2009, 46% des français ont déclaré consommer des produits bio. Ce chiffre est en augmentation constante. Les consommateurs sont de plus en plus soucieux de préserver leur santé et de plus en plus convaincus par la qualité des produits.
Le paradoxe de cet engouement, c’est qu’aujourd’hui, la demande de produits bio en Europe dépasse l’offre. Même si la production progresse, plus de 50 % de la consommation française bio est donc issue de l’importation !
L’union européenne s’intéresse à l’agriculture biologique
L’agriculture biologique ne représente pour l’instant que 2% du marché agro-alimentaire européen mais la direction générale environnement de la Commission européenne s’intéresse de très près à un possible essor de cette activité. Elle souligne le fait que ce type d’agriculture pourrait permettre de lutter contre la pollution des sols et de préserver la biodiversité.
Espérons que cette institution puisse avoir un rôle à jouer dans la mise en place de la nouvelle politique agricole commune prévue en 2013.
Les consommateurs ont aussi leur mot à dire
Face à ces chiffres, il faut se rendre à l’évidence que les consommateurs sont soucieux de leur santé et de l’état de la planète. Doit-on alors continuer à financer un système chimico dépendant non viable ou enfin permettre l’installation d’une agriculture respectueuse pour la terre et pour les hommes, seule solution véritablement durable – y compris pour les agriculteurs – bien que jusque là toujours considérée comme marginale ?



















munoz
le 9 août 2011 à 15h48il est grand temps de revenir à des conditions d’élevage et de productions vivrières respectueuses de la nature, des hommes et des animaux