Animaux sauvages et captivité

Détenir des animaux dans des zoos, ménageries ou autres lieux d’observation, n’est pas la solution pour les protéger des dangers et de la menace de disparition. Non respectueuse de la nature des animaux, la captivité est une source de souffrances incontestable. One Voice se bat pour que les animaux sauvages puissent vivre en paix et en toute liberté dans leur milieu naturel préservé.

Un lion, enfermé dans un enclos de quelques dizaines de m2 sous nos latitudes, privé de son espace de chasse, de contacts sociaux avec ses congénères, de la possibilité de manifester ses instincts… est-il à l’abri des dangers pour sa santé, sa vie et le devenir de son espèce ? Selon nombre de scientifiques, de spécialistes et de vétérinaires, non. One Voice partage cette position. Nos investigations dans les cirques, les delphinariums, les fermes d’élevage d’animaux à fourrure ; nos connaissances tirées des sauvetages réalisés dans ces lieux de détention et l’expérience acquise dans les sanctuaires, que nous avons parfois contribués à créer, l’attestent. En captivité, même dans un zoo qui offre les meilleures conditions de vie possibles, aucun animal sauvage n’est à sa place.

Besoins vitaux non satisfaits
Malgré la volonté de bien faire, il est des besoins vitaux qui ne peuvent être satisfaits à l’intérieur d’un zoo. Si ces animaux peuvent compter sur une bonne et suffisante alimentation, celle-ci ne sera pas la même que celle qu’ils trouvent dans la nature. Si dans la plupart des cas, on tend à reproduire au mieux le cadre de vie de l’espèce, le climat, la faune et la flore, et surtout l’espace dévolu à l’animal ne seront jamais ceux de son environnement natal. L’animal, par exemple, ne peut parcourir de longues distances à la recherche de ses congénères, de sa nourriture ou d’un peu d’ombre, activité qui participe à sa bonne santé physique et à son bien être.

Il ne pourra pas non plus exprimer ses comportements naturels : se cacher -notamment des humains considérés comme des prédateurs par les animaux sauvages-, chasser ou évoluer en groupes sociaux, comme chez les éléphants.

Source de souffrances
La capture et le transport de l’animal sont une épreuve pour ces êtres peu habitués au contact avec l’humain. Ils provoquent un stress énorme. Enfermés, nombre d’animaux développent des pathologies, adoptant des comportements anormaux comme l’arrachage systématique de poils, les va-et-vient continus dans la cage ou l’enclos, etc., ou inadaptés telles certaines femelles avec leur petit. Ces souffrances sont également avérées pour les animaux nés en captivité, l’animal captif conservant ses instincts, ses comportements innés

Pronostic vital faible
À tout cela s’ajoute un pronostic vital faible. En effet, certains animaux ne survivent pas à la captivité. La reproduction y est difficile, voire impossible, comme pour les pandas. Les animaux qui naissent dans des zoos atteignent difficilement l’âge adulte. C’est le cas des ours polaires qui, selon de récentes études, décèdent lors de leur première année dans 65 % des cas. En règle général, les animaux sauvages ont presque deux fois plus de chance de survivre que ceux nés en captivité. La durée de vie est elle aussi bien supérieure dans la nature qu’à l’intérieur des zoos où la longévité peut être jusqu’à 10 fois moindre alors qu’aucun prédateur ne les menace et qu’ils disposent d’une nourriture suffisante.
Intérêt commercial
Pour rentabiliser leur activité, les zoos pratiquent également des échanges. Déjà traumatisés par la captivité, ces animaux sont à nouveau séparés du groupe dans lequel ils tentaient de se reconstruire. Les animaux nés en captivité n’échappent pas non plus à ces transferts qui bien souvent permettent de répondre aux besoins de reproduction. Une activité qui participe aussi de l’intérêt commercial des zoos.

Rôles controversés
La mission d’éducation et de conservation que s’arrogent les zoos, pour justifier la détention en captivité, est très controversée. Dans une étude publiée par la World Society for the Protection of Animals et la Born Free Fondation, THE ZOO INQUIRY, il ressort que « l’élevage d’animaux sauvages en captivité dans le cadre de la conservation d’espèces ne joue, au mieux, qu’un rôle marginal. Et que la plupart des zoos ont une contribution insignifiante dans l’éducation du public à l’enjeu de la conservation des espèces. » En effet, nombre de zoos préfèrent investir dans les activités annexes –restaurants, boutiques, animations, etc.- plutôt que dans l’information. Par ailleurs, l’élevage en captivité entraine des modifications, parfois irréversibles, chez certaines espèces qui finissent par s’habituer au contact humain, perdent une partie de leurs instincts, de peur ou de survie, les rendant à terme vulnérables dans un milieu sauvage.

Quel intérêt de conserver une espèce si c’est pour la détenir en captivité ? La conservation des espèces, et donc des animaux en captivité, devrait avoir pour seul but la réintroduction dans le milieu naturel d’origine. Or, très peu d’animaux issus de zoos ou de parcs zoologiques sont réintroduits dans la nature. Comme le soulignait l’étude sus-citée, il est temps de poser « la question de l’utilité des zoos dans nos sociétés modernes et de réfléchir à une stratégie de conservation des espèces viable, durable et emprunte de compassion » envers les animaux.

Préservés dans leur espace vital
Pour One Voice, seule la préservation in situ est à même de garantir la survie des espèces tout en respectant les individus. C’est ce qu’elle défend dans ses combats pour la
libération des animaux sauvages détenus. L’association soutient le développement de sanctuaires qui permettent non seulement de préserver l’espace vital de nombre d’espèces, mais aussi d’accueillir les animaux sauvés de mains malveillantes. Elle a également mis en place un Fonds d’action solidaire qui lui permet d’intervenir dans les cas urgents où la vie d’un animal sauvage est en danger.

Il est temps de poser « la question de l’utilité des zoos dans nos sociétés modernes et de réfléchir à une stratégie de conservation des espèces viable, durable et emprunte de compassion. »

Extrait de THE ZOO INQUIRY

Les 5 règles de la survie en captivité

Les experts ont défini cinq règles de bien-être qui, si elles sont respectées, sont susceptibles de permettre à des animaux sauvages de vivre en captivité :

- une bonne et suffisante alimentation qui doit s’approcher de leurs habitudes alimentaires dans la nature ;
- des conditions de vie adaptées ;
- la possibilité d’exprimer leurs comportements naturels ;
- la protection de la peur et de la détresse ;
- le maintien en bonne santé.

Or, certaines de ces conditions sont impossibles à mettre en place dans des zoos ou des ménageries où l’espace est compté, le milieu naturel très différent de celui dont sont issues les différentes espèces. Comment protéger de la peur et de la détresse des animaux qui sont obligés d’avoir un contact permanent avec des humains, véritables prédateurs aux yeux de certains animaux ? Comment permettre à un fauve d’exprimer son comportement naturel de chasseur ? Si fournir une alimentation suffisante et maintenir les animaux en bonne santé sont, dans l’ensemble, plutôt bien respectés, on ne peut que constater que les autres règles sont très rarement appliquées.

___________________________________________________________________________________

1. Animaux sauvages et captivité

2. Fonds d’actions solidaires : l’action d’urgence

3. Pour une loi donnant des droits aux animaux en Chine

4. Protéger et préserver dans les sanctuaires

5. Réintroduction d’animaux : laisser les ours vivre en paix

6. Les animaux sauvages ne sont pas des animaux de compagnie

7. Sauvegarder les animaux sauvages dans leur milieu naturel

8. Aucun animal n’est nuisible…

 

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