Chasse au trophée : rétrograde et destructrice

Remontant à l’époque coloniale, la chasse au trophée, loin de disparaître, se développe. En Afrique, elle a pris une telle ampleur que les chasseurs, européens et américains, en mal de sensations fortes tuent des fauves « en boîte ». One Voice s’élève contre cette pratique rétrograde et destructrice de nombreuses espèces en voie d’extinction. Par ses actions, elle en demande l’abolition.

Les chasseurs ont beau clamé qu’ils sont les meilleurs défenseurs de la conservation des espèces et de l’utilisation durable des ressources, preuve est faite depuis longtemps que chasser nuit gravement à l’environnement et décime des espèces protégées. La chasse au trophée ne déroge pas à la règle. Elle se distingue même par les conséquences désastreuses qu’elle induit sur les populations d’animaux visées et par sa barbarie doublée de lâcheté lorsqu’elle consiste à traquer et tuer des animaux « en boîte », autrement dit des animaux élevés et donc peu enclins à se méfier des humains.

La chasse en boîte, un simulacre de chasse
Pour satisfaire une demande croissante, des tours-opérateurs organisent en effet des séjours permettant de chasser de grands fauves, y compris des espèces protégées. En Afrique du Sud notamment, pays très prisé des chasseurs au trophée, des fauves provenant d’élevages, de cirques ou de zoos sont ainsi enfermés dans des enclos. Pris au piège, l’animal ne peut échapper aux tirs de chasseurs fortunés qui n’hésitent pas à débourser jusqu’à 30 000 Euros pour obtenir le privilège de chasser. Cette pratique est organisée en accord avec les autorités locales car elle rapporte des bénéfices non négligeables aux propriétaires des chasses et à l’Etat qui en prélève des taxes substantielles. Dans ce pays 300 lions environ, pour la plupart nés en captivité, sont légalement tués chaque année dans ce qui se révèle être un simulacre de chasse. En 2007, une nouvelle loi est venue réglementée cette pratique mais ne l’a pas interdite sous prétexte que « La quantité de lions en captivité est un grave problème. Peu d’entre eux pourront être accueillis dans les zoos. Recourir à l’euthanasie est inévitable car il est impossible de placer autant d’animaux».

En Europe également
Le lion n’est pas un cas isolé. Lors d’une séance de questions au Parlement européen, le député Robert J.E. Evans avançait les chiffres de « 3 800 éléphants d’Afrique, plus de 2 600 léopards rares et environ 9 000 ours » massacrés. Les chasseurs européens importent aussi de leurs safaris meurtriers, avec la bénédiction de la CITES, crocodiles, rhinocéros blancs et rhinocéros noirs. Certains sites Internet proposent, toujours selon ce député européen, de chasser « le grand buffle, le très rare siaturga d’Afrique de l’Est ou encore l’antilope (…)» En Europe, cette tradition d’un autre siècle, perdure également et se développe. Les pays de l’Est, comme la Bulgarie, deviennent un terrain de chasse de prédilection. Le chasseur étranger y est d’ailleurs traité « en VIP ». Cerf, chevreuil, daim, chamois, mouflon… n’échappent pas à la tuerie.

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Conséquences démographiques et génétiques
En France, des élevages se sont spécialisés dans les grands gibiers à trophée (voir les sites qui pullulent sur Internet). Chasser un animal provenant d’élevage relève-t-il toujours de la chasse ? Pour One Voice, le terme de tuerie serait plus approprié. Par ailleurs, le fait d’élever du gibier pour satisfaire les goûts des chasseurs démontre, si besoin était, que la chasse contribue à la décimation des populations plutôt qu’à leur régulation. On est à ce titre en droit de se demander quel est le bien fondé de la classification en « nuisibles » de certains animaux –comme le sanglier- alors que dans le même temps il faut en élever pour fournir en matière à fusil les chasseurs. En plus des conséquences démographiques, qui touchent non seulement les effectifs mais aussi la structure d’âge et de sexe, la chasse au trophée aurait, selon une étude scientifique, publiée dans Faune Sauvage N° 273 – Septembre 2006, des conséquences génétiques. En traquant systématiquement des animaux aux caractéristiques morphologiques recherchées, le transfert des gènes responsables de ces caractéristiques est extrêmement limité. Selon cette même étude réalisée sur des mouflons des Rocheuses, il a été démontré que la chasse au trophée « est responsable d’une diminution de 30 % de la taille des cornes et du poids chez les mâles ». Une transformation dont on ne mesure pas encore complètement les effets à long terme pour le devenir de l’espèce.

En finir avec ces pratiques barbares
Disparition et/ou évolution de la nature même de l’animal, telles sont les menaces que font courir les chasseurs au trophée. Au-delà de ces menaces, les animaux sont d’abord les victimes innocentes d’hommes qui prennent plaisir à tuer des « animaux en boîte ».
One Voice condamne cette pratique, comme toutes les autres formes de chasse, et œuvre pour qu’enfin les gouvernements prennent leurs responsabilités et agissent sur le plan législatif pour son interdiction.

« La chasse au trophée pourrait conduire à contre sélectionner la caractéristique morphologique recherchée simplement parce que les animaux dont la croissance des cornes est rapide et importante seraient prélevés avant d’avoir pu contribuer à la reproduction… »
Extrait d’une étude publiée dans Faune Sauvage n° 273 – Septembre 2006

 

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Commentaires
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    MATHIEU Christine

    le 4 avril 2012 à 16h24

    Mais c’est de pire en pire : l’être humain ne sait plus quoi inventer pour satisfaire son égo en tuant de pauvres animaux, et le pire, c’est que ce sont des espèces protégées !!! Y’en a marre !