Chevaux : voyage au bout de l’enfer au brésil et au mexique

Avril 2010. Quelle existence pour les chevaux en fin de vie dans les vastes espaces du Mexique et du Brésil ? La faim, les blessures, la maltraitance et, au bout, la mort indigne. C’est ce que révèle l’enquête réalisée par One Voice, Gaia et Wakker Dier, avec les images rapportées de ces pays, premiers fournisseurs de viande chevaline de l’Europe.

Aujourd’hui encore, le cheval est symbole de liberté. Sa noblesse, son indépendance, son courage sont admirés. De compagnon de l’homme de labeur et de labours, il est devenu au fil du temps un compagnon de vie pour nombre d’humains. Pourtant, en France, on continue à le manger. L’Hexagone est en effet le 2ème importateur de viande de cheval au monde, après la Belgique. Le Brésil et le Mexique étant leurs principaux fournisseurs.

Brutalité et cruauté sans limite
Mais que sait-on du sort de ces animaux qui finissent dans les assiettes des Européens ? Il y a quelques temps, One Voice avait déjà révélé l’enfer des marchés de chevaux en France. Et avec les images des conditions de transport dans les pays de l’Est, nous pensions avoir vu le pire. Mais nos images tournées au Brésil et au Mexique, entre novembre 2009 et janvier 2010, montrent à quel point en matière de brutalité et de cruauté on est bien loin d’avoir tout vu.

Poulain poussé pour etre chargé dans un camion (photo3)

Affamés
Dans ces pays, les chevaux dits « inutiles », blessés ou trop vieux pour servir, sont traités sans le moindre égard, comme une vulgaire masse de viande dénuée de sensibilité et d’intelligence. Au Brésil, dans des enclos au sol de poussière, les chevaux n’ont que quelques touffes d’herbes desséchées à manger. Leur décharnement, les os saillants sous leur robe marquée des stigmates de leurs blessures, anciennes ou plus récentes, traduisent le manque de nourriture et de soins.

Jument et son poulain (photo 4)

Chargés à coup de « piques » électriques
Ces animaux destinés à l’abattoir ne connaissent aucun répit dans la souffrance. Lorsque le jour arrive de quitter l’enclos, ils sont entassés à coup d’électrodes dans des camions dépourvus du strict minimum pour assurer un chargement et un transport décents. En surnombre, les chevaux les plus faibles finissent blessés sous les pattes de ceux qui ont encore un peu d’énergie pour rester debout. Au Mexique, antichambre de la tuerie des chevaux américains -l’abattage étant interdit aux Etats-Unis depuis 2007- les animaux, souvent des Mustang, parcourent des kilomètres, pendant des heures, sans eau ni nourriture, dans des camions à double étage. Ce qui est illégal.

Cheval maltraité (photo 1)

Mort archaïque et sans dignité
Au bout du voyage, la mort sera loin d’être la délivrance que ces animaux seraient en droit d’attendre. Aucune règle n’est respectée pour donner la mort avec un tant soit peu de respect. Les abattoirs sont des lieux rudimentaires où les animaux attendent parfois pendant des heures dans des enclos nus, ouverts aux quatre vents. Au Brésil, le choc électrique entre les deux yeux entraîne rarement la mort. Les animaux agonisent pendant de longs moments avant qu’un boucher ne finisse le travail. Archaïsme aussi au Mexique où le cheval est saigné d’un coup de couteau derrière la tête, dans la colonne vertébrale, pour le paralyser. Il se vide de son sang alors qu’il est encore vivant. Et, toujours en vie, ses pattes sont sciées… Une mort cruelle et indigne.

Abolition de l’hippophagie
Avec ces images, parfois révoltantes et toujours intolérables, One Voice entend alerter l’opinion publique sur le sort réservé aux chevaux que beaucoup considèrent aujourd’hui comme des animaux de compagnie. L’association se bat pour que l’hippophagie soit enfin abolie en France. Aussi, elle milite pour que le cheval obtienne le statut « d’animal de compagnie » tout comme le chien ou le chat. Elle invite chacun à soutenir la proposition de loi du député Lionnel Luca, déposée à l’Assemblée nationale le 24 janvier dernier, qui demande le changement de classification des équidés « d’animal de rente » en « animal de vie ».

 


Agir :
-    Vous pouvez écrire aux présidents du Brésil et du Mexique par l’intermédiaire de leurs ambassades en France :

A Monsieur le Président Luiz Inacio Lula Da Silva, aux bons soins de Monsieur José Mauricio Bustani, Ambassadeur du Brésil
Ambassade du Brésil
34, cours Albert 1er
75008 Paris

A Monsieur le Président Felipe Calderon, aux bons soins de Monsieur Carlos De Icaza,  Ambassadeur du Mexique
Ambassade du Mexique
9 rue de Longchamp
75116 Paris

-    Écrire aux grandes surfaces qui vendent de la viande de cheval
-    Signer la pétition
-    Demander à votre député de soutenir la proposition de loi de Lionnel Luca



Voir les vidéos de l’enquête :marché aux bestiaux au Mexique (photo 1)

1 – Faim de vie Voir la vidéo

2 – Dernier saut d’obstacle Voir la vidéo

3 – Transport vers la mort Voir la vidéo

4 – A l’abattoir de Jaiba Voir la vidéo

5 – Sur les routes du Mexique Voir la Vidéo

6 – Marché à viande Voir la vidéo


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Commentaires
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    BONDONI

    le 12 mai 2012 à 13h35

    abolition de l’esclavage des chevaux et des ânes au Mexique et ailleurs !!! C’est HONTEUX!!!!!

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    martig

    le 20 juillet 2011 à 15h00

    c’est insensé que de nos jours, d’une part on mange du cheval… et d’une autre part, qu’on traite pareillement les animaux en général :( ((( ce sont des êtres vivants… ils ont droit d’être respectés autant que nous!!!!!!!! le fait de finir dans les assiettes de certains ne donne pas le droit de les maltraiter et torturer :( ((((

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    magescas

    le 16 mai 2011 à 17h24

    c’est horrible de voir des images pareilles et de penser que des hommes sont devenus inhumains pour pratiquer de tels actes de cruauté !