Corrida : l’enfant en danger

En France, quel que soit son âge, un enfant peut assister aux corridas ou intégrer une école taurine. Pourtant ce spectacle violent a des conséquences indéniables sur l’équilibre mental de l’enfant. Comme de nombreux médecins, psychiatres et pédagogues, One Voice réclame l’interdiction immédiate des corridas aux enfants de moins de 16 ans.

La loi française ne protège pas les enfants contre les conséquences, à long terme, des corridas sur leur
« pleine maturité affective, intellectuelle et morale ». Dès 6 ans, voire moins, un enfant peut assister à ce spectacle barbare s’il est accompagné par un adulte. Dans les écoles taurines, des enfants, parfois âgés de 8 ou 9 ans, s’initient à la torture quand ils ne toréent pas dans les arènes, mettant leur vie en danger, comme ce jeune toréador franco-mexicain d’à peine 11 ans, Michelito. À l’image de certains films, qui eux bénéficient d’interdiction aux moins de 12, 16 ou 18 ans, la corrida est un spectacle violent dont les enfants devraient être préservés.

Un rapport édifiant
Médecins, psychiatres, pédagogues, tous s’accordent sur ce point. En septembre 2007, dans le cadre d’une demande de révision de la loi, un collectif d’une trentaine de médecins, psychologues et psychiatres, emmené par le docteur Jean-Paul Richier, l’a démontré dans un rapport remis aux pouvoirs publics. Extraits de la lettre accompagnant ce rapport envoyée au Président de la République :

« (…) D’une façon générale, il est légitime de redouter chez le jeune spectateur de corridas les conséquences suivantes :

Des effets traumatiques : (…) Certains enfants dans une corrida vont être heurtés par certaines scènes, et pourront d’autant moins en faire part que leur entourage adulte déniera le caractère traumatisant du spectacle en alléguant l’art, la tradition et la culture ;

Une accoutumance à la violence : les adultes qui emmènent des enfants à des corridas les entraînent, qu’on le veuille ou non, à une forme de violence très crue, réelle et non pas fictive (…) ;

Une fragilisation du sens moral : (…) Il semble difficile d’apprendre à nos enfants, dans les écoles et dans les familles, que la violence est condamnable et qu’on ne doit pas faire souffrir les autres êtres, mais qu’à côté de cela la violence gratuite peut être légitime, voire recommandée, et qu’on a le droit de faire souffrir certains êtres (…) ;

Une perturbation du sens des valeurs : Il n’est pas anodin de présenter à des enfants le spectacle de la souffrance, du sang et de la mort comme pouvant revêtir une valeur esthétique (…), comme pouvant se justifier par une tradition (…), comme inséparables d’une identité culturelle (…)  qui primerait donc sur tous les autres aspects (…).

Il va de soi que ces réflexions s’appliquent à plus forte raison à ce qu’on appelle les « écoles taurines » (…).

En tant que psychiatres et psychologues, nous demandons en conséquence que le spectacle de la corrida ne soit plus autorisé aux moins de seize ans. »

Pour One Voice, ce rapport prouve, s’il le fallait, l’extrême violence de la corrida et la nécessité de l’abolir.

Il est légitime de redouter chez le jeune spectateur « des effets traumatiques », « une accoutumance à la violence », mais aussi « une fragilisation du système moral » et « une perturbation du sens des valeurs. »

Extrait d’une dépêche AP au sujet du rapport établi par une trentaine de praticiens – 25/09/2007

Dans l’arène à 11 ans
Michelito est un jeune franco-mexicain de 10 ans et demi, star des arènes en Amérique latine. Comme les hommes, il affronte du haut de ses 30 kg des animaux de plusieurs centaines de kilos. Entraîné par son père, Michel Lagravère, ancien torero dans les années 90, Michelito met sa vie en danger depuis l’âge de 6 ans et participe « à des spectacles avec mise à mort ». Une pratique qui n’aurait pas été possible en France, puisque le règlement interdit « la mise à mort dans les classes pratiques avant 14 ans et la première novillada sans picador avant 16 ans ». En tournée dans l’Hexagone en 2008, invité de nombreuses manifestations taurines, le jeune garçon a été au centre d’une polémique lié à son jeune âge. Son entraîneur, et non moins père, s’est élevé contre cette attitude française hypocrite arguant que « son enfant torée comme la trentaine d’enfants qui le font en France. » Les prestations du jeune Michelito ont notamment été annulées à Fontvieille et en Arles sur, respectivement, décision du Maire et du Préfet. Si le « mundillo » s’est montré outré par une telle décision, ne voyant pas où était le problème, de nombreuses voix se sont élevées pour s’émouvoir de la mise en danger de la vie d’un enfant dont les parents ont le devoir, notamment, d’assurer sa protection.

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1. Corrida : l’enfant en danger

2. La corrida : mise en scène de la mort

3. Une législation schizophrénique

 

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