Dressés pour jouer

La seule sortie hors de la cage est celle qui conduit jusqu’à la piste de dressage. Sous la menace de coups, les lions n’ont de répit que lorsqu’ils exécutent ce qu’attend le dresseur. Régulièrement, des circassiens viennent apprendre à dresser.

Leur violence est symptomatique de ceux qui n’ont aucune maîtrise comme le montrent les premières images. Officiellement, le dressage des fauves commence à partir d’un an. Mais au fur et à mesure de son enquête, l’enquêteur de One Voice apprend que dès six mois les animaux sont dressés. Il constate même que des lionceaux de 3 mois sont amenés sur la piste de dressage. Ce qui explique l’état de terreur et de stress qui se manifeste dès l’entrée dans le tunnel qui mène à la piste. Le dresseur, bâton en main, attend les animaux. Cris, coups du bâton qui frappent les barreaux amènent les jeunes lions jusqu’à un banc où le dresseur entend les faire monter et où il les maintient le plus longtemps possible à force de cris et de coups bruyants. Complètement terrorisé, le récalcitrant est harcelé jusqu’à ce qu’il obéisse. Lorsqu’il se cache sous le banc, à la merci des coups du dresseur, ce dernier n’hésite pas à menacer le lionceau avec un des éléments de dressage jusqu’à ce que l’animal reprenne le chemin du tunnel.

Lire l’article sur l’enquête réalisée par One Voice :
L’envers du décor des animaux dressés pour l’industrie du spectacle


Visionner les autres vidéos de l’enquête :

Les 400 pas voir la vidéo

La terreur des lions voir la vidéo

Une cage en enfer voir la vidéo

Confessions d’un dresseur voir la vidéo


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    cherniak

    le 15 mai 2012 à 12h12

    j’ai enquêté dans les cirques pour One Voice pendant plusieurs années, et j’ai fourni plusieurs photos et vidéos. A l’époque mon interlocuteur s’appelait Frank.
    J’ai cessé mes enquêtes car les circassiens devenaient menaçants et certains interdisaient de photographier. J’ai été proche de ces animaux et ressenti leur souffrance et mon impuissance.
    Je me souviens de ce bison cloîtré à l’arrière d’une remorque sans avoir la place de bouger, son regard désespéré et résigné alors que je lui parlais.
    Cet hippopotame qui avait réussi à s’enfuir pour manger quelques brins d’herbe, si touchant, comme un enfant heureux d’une liberté inespérée de quelques minutes payées chèrement par des coups de batons et une incarcération immédiate dans sa cage. Aplatati sur le sol il m’a regardée quand je lui ai parlé,nous avons communiqué dans le silence triste et impuissant.
    Mon amie la girafe, qui m’a reconnue quand je suis revenue un an plus tard, avec le même sac en bandoulière, où j’avais quelques pommes elle a penché son long cou vers moi et attendu la pomme comme celle del’année passée. Cela me faisait mal au coeur de la voir poussée dans sa remorque où elle ne pouvait redresser son cou pendant des heures de transport.
    Et cet éléphant qui se balançait sans cesse la patte arrière encerclée par sa chaine, j’ai profité d’un moment pour lui donner quelques pommes. Ses yeux me remerciaient, il sentait mon amour impuissant, nous communiquions avec nos coeurs et je lui parlais de ses frères et soeurs libres et combien j’espérais que One Voice puisse un jour venir à son secours.
    Et ce tigre albinos, raillé par des ados en mal de domination, qui le provoquaient à l’abri des barreaux. Son regard était lumineux et fort comme celui d’un esclave humain, mais si desespérément impuissant, lui que le destin avait privé de sa savane de ses compagnes et de la majesté de sa race. C’était une leçon tragique de dignité, devant les contorsions de ces humains qu’il aurait renversé d’un coup de patte si la rencontre avait pris place d’égal à égal.
    Tous mes chers amis que j’ai vu et suivi pendant des années…..
    je les porte à jamais dans mon coeur, tous, petits et grands, je leur dis: un jour viendra où l’homme retrouvera sa véritable humanité et cessera d’être prédateur et bourreau.
    Un àge viendra où la beauté sera souveraine et répudiera les atrocités. En attendant merci pour votre courage et votre endurance face à toutes les horreurs qui vous sont infligées, et les enseignements de dignité dont beaucoup d’humains pourraient s’inspirer.
    « rendez nous la lumière
    rendez nous la beauté! »
    Qui sont ces individus dominants qui spolie la terre, détruisent les forêts, innondent les vallées,
    destituent la nature?
    L’Inde des sages nous dit qu’un jour la terre se révoltera…