Novembre 2009. Le Lot vient de retirer la belette, la fouine, la martre, le putois, la corneille, l’étourneau et le geai de la liste départementale des animaux dits nuisibles, susceptibles d’être chassés, piégés ou empoisonnés.
Jugement du Tribunal administratif
Le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a ordonné, le 17 novembre 2009, la suspension partielle de l’exécution de l’arrêté qui fixe la liste des animaux classés nuisibles dans le département du Lot à la suite d’une requête déposée par l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), préparée par Lot Nature.
Ne sont plus considérés comme nuisibles dans ce département la belette, la fouine, la martre, le putois, la corneille noire, l’étourneau sansonnet et le geai des chênes. Ces animaux ne peuvent plus être empoisonnés, piégés, ni détruits par tir au-delà de la période de chasse. Ils demeurent chassables pendant la période d’ouverture de la chasse.
Le renard, le sanglier, le ragondin, le rat musqué, le vison d’Amérique, le raton laveur et la pie bavarde restent classés nuisibles et peuvent donc toujours être « détruits ».
Une législation qui sert les intérêts des chasseurs
One Voice rappelle que tout animal sauvage joue un rôle dans l’équilibre naturel. Pourtant, chaque année, ceux considérés comme nuisibles sont tués en toute légalité, servant les intérêts des chasseurs, qui peuvent ainsi chasser certaines espèces toute l’année et éradiquer les prédateurs du même gibier qu’eux. Les amateurs de concours de déterrage peuvent pratiquer leur « sport » favori : dénicher renards, lapins, ragondins et rats musqués et leurs petits jusque dans leur terrier.
One Voice s’associe aux actions de réhabilitation des soi-disant nuisibles. La fouine est une prédatrice des rats, le putois se nourrit de surmulots et de rats musqués. Le renard intervient dans la lutte contre les épidémies en consommant des milliers de rongeurs par an et en s’attaquant aux individus malades ou morts. Il mange des lapins de garenne, classés « nuisibles » dans certains départements car ils se nourrissent de végétaux cultivés. Ce prédateur de « nuisibles » est lui-même classé « nuisible ».
Une liste noire sans fondement scientifique
Ces animaux et bien d’autres font partie de la liste noire des animaux dits nuisibles établie par le ministère de l’Ecologie sur l’avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. Cette liste, définie par arrêté en 1988, est reconduite chaque année sans tenir compte de l’évolution sur le terrain et sans études scientifiques préalables. Aucune statistique sur cette population d’animaux n’est disponible. Cette réglementation inadaptée doit être modifiée.
Si des animaux sont susceptibles de causer des dommages, l’homme est souvent à la source des nuisances et des déséquilibres engendrés. Le commerce de la fourrure, à la fin des années 20, est à l’origine de la prolifération de certaines espèces en France, qui se sont échappées ou ont été relâchées des élevages : rat musqué, raton laveur, vison d’Amérique, ragondin… Ces animaux ont colonisé une grande partie du territoire, concurrencent les espèces locales et détériorent l’environnement.
En œuvre depuis des décennies, l’éradication des animaux « nuisibles » n’a pas produit les effets escomptés. Les méthodes utilisées ont des conséquences sur la faune : le piégeage et l’empoisonnement ne font pas de distinction entre les espèces.
Il existe des solutions qui respectent les animaux
Des solutions respectueuses des animaux et de l’environnement permettraient d’atteindre les buts recherchés. Les élevages et les champs cultivés pourraient être protégés des « nuisibles » en enterrant les grillages des enclos à 20 cm dans le sol ou en installant des clôtures à hauteur de sanglier. L’effarouchement sonore permet de chasser les corvidés.
One Voice soutient les actions menées par les ONG spécialistes, comme l’ASPAS, visant à faire déclasser, par jugement des tribunaux administratifs, les animaux inscrits sur la liste spécifique à chaque département. C’est une première étape dans la lutte contre la loi sur les nuisibles. Il est temps que la réglementation s’appuie sur la réalité scientifique et adopte des mesures éthiquement acceptables pour réparer les erreurs, humaines, au lieu d’en commettre de nouvelles. Donnons une chance à l’équilibre écologique de se rétablir naturellement.
![]() | ![]() | ||
| Télécharger ou commander le guide | Télécharger ou commander la pétition |




















