L’ARCH, coalition d’’associations dont One Voice fait partie, revient d’une première mission en Haïti. Ses propositions ont retenu l’attention des décideurs et ses premières actions ont été salutaires…
Des traumatismes dus au séisme
Du 23 au 25 janvier 2010, One Voice était en Haïti, en tant que membre de la Coalition internationale pour le sauvetage des animaux d’Haïti* (ARCH). Cette première mission avait pour objectif d’évaluer les besoins des animaux après le séisme du 12 janvier. L’ARCH a rencontré les principaux décideurs, dont les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement, et proposé son aide. La reconstruction de ce pays, qui a déjà prouvé par le passé ses positions courageuses en faveur des animaux et en particulier des dauphins, peut être l’occasion d’améliorer profondément et durablement la situation des animaux qui y vivent.
Pendant la mission d’évaluation, les vétérinaires de l’ARCH ont profité de leur présence sur le terrain pour soigner plus de 60 chiens par jour.
Des centaines de milliers de chiens errants
La capitale Port-au-Prince compte plus de 500 000 chiens. Ils souffrent de traumatismes dus au séisme et des problèmes classiques des animaux errants : tumeurs vénériennes, maladies de peau, mauvaise condition physique, reproduction non contrôlée.
La rage est un problème important dans ce pays. Plus de 100 000 chiens ont été vaccinés contre elle à Port-au-Prince l’an dernier, mais les campagnes de vaccination, financées par le gouvernement, ont été interrompues après le séisme. Bien qu’Haïti dispose d’importants stocks de vaccins antirabiques, des incertitudes pèsent sur leur disponibilité et leur conservation suite à la catastrophe.

Eviter l’abattage des chiens
L’interruption des programmes de vaccination pourrait entraîner une recrudescence de la maladie, d’autant plus dramatique dans les circonstances actuelles où la promiscuité humains/animaux est importante. La rage étant une menace réelle pour la santé humaine, les responsables haïtiens envisageaient l’abattage des chiens. La proposition de l’ARCH, de mettre en place un programme de vaccination/stérilisation (qui permet aussi le contrôle des populations) les a donc particulièrement intéressé. L’ARCH a proposé au gouvernement de réaliser une étude sur ce point, incluant l’estimation scientifique de la population de chiens à Port-au-Prince. Cette étude pourrait bénéficier des méthodes performantes développées par l’Alliance contre la rage, qui ont fait leurs preuves pour éradiquer la rage canine dans plusieurs pays en développement.
D’autres zoonoses sont à craindre
De nombreux Haïtiens ont quitté les villes pour rejoindre les zones rurales en emmenant les animaux élevés pour leur viande (porcs, chèvres, volailles). En raison du manque de structures vétérinaires, un risque de propagation des zoonoses existe. L’anthrax, grave affection transmissible aux humains, pourrait par exemple se répandre.
Aller soigner les animaux dans les villages
Les animaux d’élevage n’ont pas été très affectés par le séisme mais la migration des Haïtiens vers les campagnes pourrait avoir un impact significatif sur leur bien-être. L’équipe de l’ARCH va donc travailler avec les responsables locaux en mettant en place une clinique vétérinaire mobile qui ira de village en village. Les habitants pourront ainsi y emmener leurs animaux malades ou blessés qui y recevront, outre les traitements appropriés et des vaccins, une nourriture adaptée.


Le gouvernement haïtien s’implique
La vaccination contre les zoonoses étant une priorité, le gouvernement veut mettre en place une structure vétérinaire en charge des vaccinations et des traitements. Cette opération particulièrement onéreuse concerne potentiellement au moins 3 millions de volailles et 2 millions de vaches, de porcs, de chèvres… Le gouvernement espère en traiter plus de 3 millions contre les parasites. Il souhaite mettre en place un réseau de surveillance épidémiologique des maladies animales. Il veut également investir dans du matériel de conservation des médicaments et des vaccins (containers isothermes, réfrigérateurs fonctionnant à l’énergie solaire…). Un réseau de 200 techniciens en production et santé animales doit donc être mis en place et il faut actualiser la formation des vétérinaires. La sensibilisation des éleveurs à l’importance de faire soigner leurs animaux et la responsabilisation des propriétaires est aussi au programme…
Cinq cliniques temporaires
Pour répondre à cette demande, l’ARCH propose d’ouvrir cinq cliniques vétérinaires temporaires à Port-au-Prince où exerceraient de jeunes vétérinaires formés à Cuba, sous la direction de vétérinaires de la Coalition. Elle propose aussi de fournir du matériel adapté.
Haïti a besoin de vous
La reconstruction d’Haïti risque d’être longue et laborieuse. Elle est néanmoins pleine de promesses pour les humains et les animaux qui y vivent. Les choix du gouvernement haïtien allient courage et éthique et méritent notre soutien. Pour aider One Voice et l’ARCH à assurer un meilleur lendemain aux animaux d’Haïti, vous pouvez nous faire un don.
Crédits photos : Jason Watts/BFAS pour l’ARCH.
*One Voice, World Society for the Protection of Animals, International Fund for Animal Welfare, American Humane Association, Best Friends Animal Society, Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (UK), In Defense of Animals, American Veterinary Medical Association, Antigua and Barbuda Humane Society, American Society for the Prevention of Cruelty to Animals, United Animal Nations, Kinship Circle, American Veterinary Medical Foundation, Swiss Animal Protection et Petfinder.com Foundation.


















