Loin d’être le reflet d’un combat loyal entre l’homme et l’animal, la corrida est un simulacre de combat où l’homme se permet toutes les supercheries. One Voice dénonce dans cette mise en scène de la mort l’apologie de la violence et de la loi du plus fort sur le plus faible, d’autant plus néfaste qu’elle est accessible aux plus jeunes, sans limitation d’âge.
Le « pitch » de la corrida est connu d’avance et immuablement le même : tuer le taureau.
Le spectacle a beau mettre en scène des costumes aux couleurs flamboyantes, sources d’inspiration pour les plus grands couturiers, être mis en musique au son de la fanfare et rythmé des « bravo » et applaudissements du public, il n’en reste pas moins le spectacle de la mort. Une mort agonisante due à la torture d’hommes jouant avec la vie d’un animal qui n’a aucune chance de s’en sortir. Car il ne s’agit en aucun cas d’un combat : c’est la mort de l’animal qui est mise en scène.
Un jeu truqué
L’agonie commence bien avant l’entrée dans l’arène. Pour le taureau, la plus fatale étant « l’afeitado » ou l’amputation d’une partie de ses cornes qui modifie durablement son sens spatial. Pour cette opération à vif, le taureau est enfermé dans un box étroit d’où ne sortent que ses cornes qui sont sciées de plusieurs centimètres pour donner une chance supplémentaire aux acteurs de la tuerie de ne pas être blessés. Si elle n’est pas avalisée par les aficionados, ça n’en demeure pas moins une pratique courante. Et ce n’est pas là la seule comme nous avons pu le constater lors de nos investigations en caméra cachée. Une panoplie de tortures permet d’affaiblir le taureau avant son entrée en scène : usage de tranquillisants, d’hypnotisants et même de sprays paralysants, coton enfoncé dans les narines qui descend jusqu’à la gorge pour rendre la respiration difficile, sacs de 100 kg qu’on lâche sur les reins jusqu’à une trentaine de fois…
Le tout après avoir supporté des conditions de transport inacceptables au cours duquel l’animal ne peut ni boire ni manger (il peut perdre jusqu’à 30kg lors de celui-ci). Une fois dans l’arène, la barbarie s’exprime avec force piques, banderilles et autres épées (cf. encadré) soutenue par les acclamations d’un public de moins en moins aficionado et de plus en plus voyeur, mu par le plaisir, malsain, que procure la souffrance et la mort.
Souffrance incontestable
L’animal a beau être une force de la nature (environ 600 kg de masse musculaire) il n’en souffre pas moins. Sur ce point, les vétérinaires sont unanimes : les blessures sont telles que la souffrance de l’animal est incontestable. Il suffit de rappeler que le taureau est un mammifère au système nerveux similaire à celui d’un humain.
Pour la fin des corridas
À y regarder de près, la corrida est loin d’être le spectacle que les aficionados voudraient nous faire voir. Ni la musique, ni les costumes pourpres et dorés, ni la mise en scène au suspense absent ne suffisent à déguiser en divertissement ce qui se révèle être l’apologie de la cruauté et de la violence. D’autant plus, quand ce spectacle est accessible aux enfants, ce qui est le cas en France. Par ailleurs, il est difficilement acceptable que des subventions européennes bénéficient aux éleveurs taurins, faisant de l’ensemble des citoyens européens des « complices », sans le savoir, de ces spectacles barbares. Pour toutes ces raisons, One Voice milite pour la fin des corridas.
« … Je les entends rire comme je râle, Je les vois danser comme je succombe, Je pensais pas qu’on puisse autant, S’amuser autour d’une tombe, Est-ce que ce monde est sérieux ?… »
Extrait de la chanson de Francis Cabrel « La Corrida » (Album Samedi soir sur la Terre)
LA MORT MISE EN SCÈNE
Si la corrida est un spectacle, c’est à coup sûr celui de la mort. Les scènes jouées en trois actes par les toreros, picadors ou autres matadors ne visent qu’à faire souffrir et donner la mort à l’animal dans une pièce qui se déroule en 20 minutes. Démonstration :
Prélude
Une fois le taureau sorti du toril, les péones font courir le taureau en vue de l’essouffler, le désorienter, le fatiguer.
Acte 1 – Le tercio de pique ou le châtiment
Les picadors entrent en scène. Leur rôle : planter les puyas (longue pique) entre les 4e et 7e vertèbres dorsales coupant les muscles releveurs et extenseurs du cou et entre les 4e et 6e vertèbres cervicales pour sectionner les ligaments de la nuque. Le taureau ne peut plus relever la tête, le danger est pratiquement levé pour le matador.
Acte 2 – Le tercio de banderilles
Les banderilles remplacent les puyas. Longues piques terminées d’un harpon de 5 cm de long, le torero s’en sert pour faire évacuer le sang vers l’extérieur de façon à empêcher l’hémorragie interne et garder ainsi un taureau debout. Il en plantera 3 paires.
Acte 3 – Le tercio de la mort
Le matador porte la mort à la pointe de son épée plantée dans le garrot déjà meurtri par les piques et les banderilles. Dans l’estocade, un mauvais matador peut perforer un poumon ou faire ressortir l’épée par les flancs. Il doit parfois s’y reprendre à plusieurs reprises : il retire alors l’épée et la replante 3, 4, 5 voire 6 fois de suite. Si le taureau résiste, le matador pratique le « descabello », il plante l’épée entre les deux cornes pour lacérer le cerveau. Le coup de grâce étant donné par un péone à l’aide d’un poignard planté dans la nuque pour sectionner la moelle épinière. Les oreilles et la queue prélevées sur l’animal encore vivant sont alors remises au torero.


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1. Corrida : l’enfant en danger
2. La corrida : mise en scène de la mort
3. Une législation schizophrénique



















