Aujourd’hui les chasseurs se proclament fervents défenseurs de la Nature. Pourtant, et bien qu’ils soient désormais officiellement reconnus comme tels, leur impact sur l’environnement et leur mode de gestion de la faune est largement discutable…
La prédation du chasseur…
Les choix des chasseurs sont souvent bien loin d’une gestion écologique de la faune sauvage. En théorie, ils doivent veiller par leurs prélèvements au maintien de populations animales stables et saines. Ils remplaceraient en cela les prédateurs naturels, loups, ours et lynx par exemple. Mais si la prédation limite les populations en éliminant les individus les plus faibles, c’est loin d’être le choix privilégié des chasseurs, à l’affut d’une « belle bête » contre laquelle il aura fallu « lutter ». De plus, incapables de se substituer à un processus naturel, il apparait que les populations ne sont pas suffisamment impactées par ce type d’action. Et quand bien même ce serait le cas, il serait plus efficace et beaucoup moins cruel de mettre en place un programme de stérilisation des animaux. Eliminez un mâle dominant (un cerf par exemple) et il sera remplacé. Stérilisez-le et il empêchera les autres de se reproduire…
Gérer la faune pour mieux la chasser
Mais les chasseurs ne se contentent pas de tirer les animaux sauvages ou de piéger les dits « nuisibles ». Non, ces gestionnaires émérites renforcent aussi les populations existantes en réintroduisant des animaux d’élevage, du petit gibier en général. Car à force de les chasser, faisans et autres lapins de garenne voient leurs populations diminuer dans une proportion telle qu’elles ne nécessiteraient plus d’être chassées… Inconcevable ! Mais le pire est sans doute que ces animaux habitués à l’humain ne le craignent pas et ne fuient donc pas les fusils ! Et puisque l’incohérence n’a pas de limite, on incrimine les « nuisibles » dans la disparition du petit gibier, qui continue bien évidemment à être chassé. Quant aux dates d’ouverture et de fermeture de la chasse (voir réglementation), elles sont loin de mettre d’accord chasseurs et protecteurs de la nature ! Bien que ce soit de la survie des espèces qu’il est question, le principe de précaution n’est pas appliqué et nos francs tireurs tiennent à leurs quelques jours de « carton » supplémentaire. Envisager que la nature se régule d’elle-même est inconcevable pour les fervents chasseurs, grands écologues devant l’éternel…


Le chasseur-pollueur
Depuis juin 2006, et avec 6 ans de retard sur les recommandations européennes, la France a enfin interdit l’utilisation des cartouches au plomb dans les zones humides. Le plomb est très toxique et à l’origine d’une maladie : le saturnisme. Les oiseaux d’eau, habitués à ingérer des graviers, n’y distinguent pas les plombs. Ils meurent plus ou moins vite suivant la quantité avalée et présentent un risque élevé pour l’humain qui consommerait leur viande… Malheureusement, pour l’heure il reste autorisé ailleurs, y compris pour la pêche ! Mais la pollution liée à la chasse ne s’arrête pas là. Les amorces, qui permettent le tir, dégagent des métaux lourds tels que des vapeurs de mercure ! Et puis il y aussi les douilles des cartouches en plastiques qui sont bien loin d’être systématiquement ramassées… et les 4X4 bien sûr pour ramener le gibier !
Les chasseurs : des délinquants de l’environnement ?
Une étude particulièrement révélatrice réalisée par l’Observatoire de la Délinquance vient appuyer nos positions. Les statistiques publiées dans son rapport annuel 2007 et relatives aux infractions au droit de l’environnement sont sans appel : sur 16 677 « atteintes à la protection de la faune et de la flore », 9 073 concernent la chasse et 2156 la pêche ! Plus de la moitié des infractions sont donc imputables aux « gestionnaires » de la faune… dont les associations viennent d’être agréées au titre de la protection de la nature. Alors, quelle conclusion ?…
D’après l’Observatoire national de la délinquance : sur les 16.677 infractions classées dans la catégorie « atteinte à la protection de la faune et de la flore », plus de 9.000 concernent la chasse, contre 2.000 la pêche !
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1. Au Canada, le massacre des phoques continue…
2. Chasse au trophée : rétrograde et destructrice
3. Chasse en France : des porteurs de fusils qui imposent leurs lois
4. La pêche : un loisir cruel qui s’ignore
5. La réglementation de la chasse en France
6. Les baleines sacrifiées au nom d’une pseudoscience
7. Les chasseurs gestionnaires de la faune ou comment l’écologie a-t-elle été détournée…


















