Mauvaise stratégie pour le grand tétras

Décembre 2011 – La stratégie nationale pour la conservation du grand tétras en France a du plomb dans l’aile. Initiée en 2009, elle semble aujourd’hui totalement vidée de son sens. Aux côtés des ONG directement impliquées dans le programme, One Voice dénonce une stratégie au rabais, inadaptée et dangereuse pour le devenir du gallinacé.

Environ 4 300 grand tétras subsisteraient en France. Les forêts de conifères des massifs du Jura, des Vosges et des Pyrénées, accueillent à eux seuls 90 % de la population française des plus gros gallinacés d’Europe. Ces trente dernières années, le grand tétras, aussi connu sous le nom de Grand Coq de Bruyère, subit un important déclin. Les deux sous-espèces figurent aujourd’hui sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine comme espèces vulnérables et en danger.

Une stratégie nationale
Pour enrayer la diminution du gros gallinacé en France, le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire a lancé en 2009 une stratégie nationale de conservation du Grand Tétras. L’objectif était de concilier les diverses activités humaines exercées dans les territoires habités par l’animal et le maintien, voire la restauration, d’un état de conservation favorable de l’oiseau. Pour définir les axes d’action et mettre en œuvre le programme, le ministère à fait appel à un groupement constitué d’associations de protection des oiseaux, comme la LPO (Ligue de protection des oiseaux) ou le Groupe Grand Tétras de France, de l’ONF, etc. et d’y associer les chasseurs.

Une concertation collective
L’intérêt d’un tel groupement était de prendre en compte le travail de terrain et les différentes actions déjà mises en œuvre par les divers acteurs (associations de protection de la nature, chasseurs, collectivités territoriales…). Le groupement offrait de plus une occasion unique de définir une stratégie concertée et aux actions complémentaires. Suite à un appel d’offre, c’est la LPO qui a été chargée de la rédaction d’une stratégie satisfaisante aux yeux de tous.

Un plan d’action dénaturé
Après deux ans de travail et de consultations, la stratégie proposée par le Ministère n’est malheureusement pas à la hauteur de l’enjeu. Elle dénature par ailleurs la stratégie définie, au nom du groupement, par la LPO. La version mise en consultation publique jusqu’au 8 juillet dernier met en effet en avant des points qui ne garantissent pas un avenir stable au grand tétras. Le plan de gestion de la population des gallinacés est, par exemple, confié aux chasseurs qui auront tout loisirs de fixer les quotas de prélèvement, déjà trop importants eu égard aux populations existantes. Pour rappel, la France est le dernier pays d’Europe occidentale à chasser le grand coq de Bruyère, la chasse étant par ailleurs en cause dans sa disparition.

Une mobilisation nécessaire
Le Groupe Tétras France et les associations signataires dénoncent une stratégie au rabais qui portera, au final, préjudice à une espèce déjà fortement menacée. D’une manière générale, les associations s’inquiètent de la direction suivie par le ministère pour protéger la biodiversité. Les dernières mesures prises portent à douter d’une réelle volonté politique de préservation de la biodiversité. One Voice suit tout particulièrement ce dossier. Elle entend faire résonner sa voix aux côtés des autres associations dans le cadre des actions qui seront mises en œuvre pour rappeler le Ministère à ses engagements et permettre au grand Coq de Bruyère de poursuivre ses magnifiques parades amoureuses dans nos massifs.

 

 

 

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Commentaires
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    MATHIEU Christine

    le 16 avril 2012 à 10h56

    OK, pas de problème, je signe !