Nouvelle ourse dans les pyrénées : consultation des habitants… mais pas de l’ourse

L’annonce de l’arrivée d’une ourse slovène dans le Béarn au printemps 2011 et la consultation locale menée à son propos par l’État ont relancé le débat sur la présence de l’ours dans les Pyrénées. A cette occasion, One Voice rappelle son opposition à cette translocation. Parce que, outre les souffrances qu’il subit lors du déplacement, l’ours slovène, différent du Pyrénéen, a peu de chance de survivre dans ces montagnes.

Pour remplacer l’ourse Franska, introduite en 2006 dans les Pyrénées et victime d’un accident de la route en 2007, le gouvernement, dans le cadre de son « plan ours » visant à maintenir l’espèce dans ce massif montagneux (1), prévoit d’y installer au printemps une nouvelle ourse slovène. Selon le protocole associé à cette action, il a lancé depuis le 27 décembre 2010 et jusqu’au 4 février 2011, via la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, une consultation afin de recueillir sur le sujet l’avis des habitants et des collectivités locales de 930 communes de la région. La décision finale lui reviendra et l’ONCFS(2) aura en charge cette introduction. Au-delà des interrogations que peut soulever cette consultation bien proche de la date prévue pour l’installation de l’ourse slovène dans le Béarn, One Voice entend souligner que l’animal, comme lors des translocations précédentes, est bien peu considéré. Tout commence d’ailleurs pour lui par un cruel « arrachement »…

La « voix » de l’ourse
Parmi toutes les voix, favorables ou hostiles, réveillées par l’annonce de cette translocation, il en est une que l’on n’entend pas : celle de l’ourse. Pourtant, à l’origine, il y a un acte d’une extrême violence : l’enlèvement d’un individu à son milieu naturel,  pour l’installer, seul, dans un monde qui lui est inconnu. Cet état de fait aurait seul conduit One Voice à s’opposer au principe de translocation des ours slovènes dans les Pyrénées. Il y en a d’autres. Les conditions dans lesquelles celle-ci a été menée jusqu’à présent (marquée par la disparition de Franska, mais aussi de Palouma en 2006, quelques mois après son arrivée en Haute-Garonne, ou encore, pour la première vague d’installation, de Mellba tuée accidentellement en 1997) ne font, hélas, que justifier les craintes de l’association sur l’échec à court terme d’une telle action dont l’ours est la première victime. Sans compter que l’ours slovène n’est pas l’ours des Pyrénées…

Réintroduction ou introduction?
Selon l’IUCN (1998), « Une réintroduction est une tentative de réimplanter une espèce dans une zone qu’elle occupait autrefois mais d’où elle a disparu. » Peut-on parler de « réintroduction » pour qualifier l’installation d’ours slovène dans le massif pyrénéen ? Non ! Certes l’ours brun des Pyrénées – espèce disparue avec Cannelle (2004), une femelle, et Camille (2010), un mâle, – et l’ours slovène se ressemblent, mais ils n’en appartiennent pas moins à deux souches distinctes. Leur patrimoine écologique est différent. L’ours slovène est donc nouveau dans les Pyrénées, il n’y a pas de racines. A ce titre, son installation exigeait une préparation approfondie et accompagnement tout aussi attentif… On est loin du compte.

Le pacte nécessaire
Affaibli par le déracinement (coupé des siens, capture, transport), l’ours slovène arrivé à destination a dû déployer de terribles efforts pour s’adapter, seul. Peu habitué au relief de ces montagnes, il a choisi pour territoire une zone  de plus faible altitude que ses cousins pyrénéens, proche d’habitations. Cela n’a pas été sans conséquence sur les populations, inquiètes de cette présence et lui devenant donc hostiles. Sans parler des autres sources d’hostilité liées notamment à la prédation sur les troupeaux. Aucune introduction ne peut réussir sans la sensibilisation des habitants et, in fine, leur accord, car ils doivent aussi faire des efforts pour s’adapter à ce voisinage qu’ils découvrent ou retrouvent. Cette adhésion est aussi déterminante pour la réussite que de bonnes conditions de vie et d’habitat restaurées pour l’animal. Rappelons que si la réussite d’une réintroduction varie d’une espèce à l’autre, d’une région à l’autre, seulement 10 % des 150 récemment réalisées en France l’ont été avec succès.

Biodiversité et respect
La France s’est engagée auprès de la Commission européenne à maintenir la biodiversité sur son territoire. La préservation des animaux menacés – l’Hexagone est au 4e rang mondial des pays pour les espèces menacées selon l’IUCN (3) – et la réintroduction d’animaux dans les territoires d’où ils avaient disparu font partie de ses actions. Mais pour One Voice défendre la biodiversité passe par le respect absolu des animaux concernés, des équilibres existants, de leur histoire. C’est la seule approche qui rend pérennes les actions de sauvegarde entreprises, tout simplement parce qu’elle offre à chaque individu les conditions nécessaires à son épanouissement.

(1)    La population des Ursidés dans les Pyrénées est actuellement estimée à une vingtaine d’individus.
(2)    ONCFS : Office national de la chasse et de la faune sauvage.
(3)    IUCN : International Union for Conservation of Nature.

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Commentaires
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    VIGOUROUX France

    le 9 février 2012 à 02h19

    Et moi, je suis pour la vie de l’Ours et pour que toutes les cruautés sur les animaux s’arrêtent enfin, et pour qu’on les laisse vivre enfin!!!!!!

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    tibay

    le 25 octobre 2011 à 19h27

    faire cohabiter un animal sorti de son environnement naturel et des éleveurs de bétail et des résidents est une aberration sans nom.
    bien entendu, qu’il n’y aura pas de succès dans cette entreprise on se demande même pourquoi cela a été décidé?
    seraient-ce les chasseurs qui espèrent voir proliférer des ours et ré-ouvrir la chasse à l’ours un jour prochain?
    autrement je ne vois absolument pas les enjeux et le bien fondé de cette réintroduction.