INTERDISONS LES RACLEURS D’OCÉANS

Octobre 2012 – Alors que l’Australie vient d’interdire les supers chalutiers dans ses eaux territoriales, la France, quant à elle, s’oppose à leur interdiction. One Voice estime que le gouvernement français fait le mauvais choix. Ces « racleurs d’océans* » condamnent la faune et la flore marines à disparaître.

Dans sa grande sagesse, le gouvernement australien, par la voix de son ministre de l’Environnement, Monsieur Tony Burke, vient de surseoir à l’autorisation de pêche d’un chalutier géant, le Abel Tasman. Le ministre, alerté par les organisations environnementales, les associations de pêcheurs et les citoyens australiens, a en effet estimé qu’il « y avait des risques » pour la faune et la flore marines. Il souhaite donc consulter les experts sur les conséquences de l’activité d’un tel navire sur la biodiversité de la région. Le super chalutier restera à quai au cours des deux prochaines années, le temps pour les experts de remettre leurs conclusions.

Des risques connus
D’une capacité de 9 500 tonnes, ce super chalutier est le deuxième plus gros navire-usine au monde. À lui seul, il est capable de conditionner 250 tonnes de poissons par jour. Doté d’un chalut de 300 m de long, il devait pêcher 18 000 tonnes de poissons dans les eaux australiennes, soit la moitié du poisson autorisé dans la zone. Avant de passer sous pavillon australien, ce navire-usine d’origine néerlandaise a écrémé les eaux européennes et vidé les côtes de l’Afrique de l’Ouest. Les méfaits d’un tel géant des mers sont donc connus de longue date. Son activité a des conséquences dramatiques sur les stocks de poissons, la biodiversité tout comme sur l’économie de la filière.

Surexploitation des ressources
À l’image des nombreux grands chalutiers qui parcourent les océans, la puissance de pêche d’un tel navire-usine dépasse largement les capacités reproductives des stocks halieutiques. D’après Greenpeace, la seule «  flotte européenne est capable de pêcher 2,5 fois le volume de ce que nos mers sont capables de nous donner. » Or, la FAO estime que 2/3 des espèces pêchées pour notre consommation sont déjà surexploitées (rapport juillet 2012). Un groupe d’experts de l’université allemande de Kiel a même conclu « qu’il ne sera pas possible de reconstituer les stocks de poissons pour assurer une pêche durable avant 2040 ». Et ce à l’unique condition d’arrêter la surpêche.

Destruction de l’écosystème marin
Par ailleurs, la pêche pratiquée par ces grands chalutiers est non sélective. Tout ce qui se trouve dans la trajectoire du filet est emporté. Poissons juvéniles, poissons sans intérêt commercial mais aussi mammifères marins (dauphins, baleines, phoques…), requins ou oiseaux marins sont pris dans les mailles du filet et y succombent. Selon la FAO, ces prises « accidentelles » représentent, selon les cas, 15 à 50 % des prises mondiales. Dans le cas de la pêche au flétan, elles atteignent jusqu’à 95 %**. La flore marine n’est pas non plus épargnée. Les chaluts de fond peuvent, en une heure de pêche seulement, détruire avec un filet de 500m l’équivalent d’une surface égale à 180 terrains de football. Le passage d’un super chalutier équivaut à un vrai tsunami dans la zone exploitée tant l’écosystème marin y est ravagé.

Mise en péril de la filière pêche
Mais pas seulement. Une récente étude anglaise (« Jobs lost at sea » de la New Economics Foundation) estime qu’une telle pratique de la pêche est également préjudiciable aux pêcheurs eux-mêmes. 100 000 emplois seraient perdus dans les années à venir. D’une part, parce que la pêche artisanale ne peut pas rivaliser face à ces engins suréquipés, grâce notamment aux subventions*** d’état, qui en quelques heures sont capables de s’approprier les stocks de poissons disponibles. Or, la pêche artisanale fait travailler 90 % des pêcheurs du monde entier. L’économie locale dans certaines régions  en voie de développement est complètement détruite après le passage de ces navires-usines. D’autre part, la technologie remplace les marins : une cinquantaine seulement pour faire fonctionner un bateau de 142 m tel que l’Abel Tasman. Enfin, ces chalutiers signent leur propre fin, et celle de tous les autres, en vidant les océans de leurs ressources.

Sauvons l’océan
Ces données sont connues. Les rapports de tous les experts sur l’état des océans et de ceux qui les peuplent sont tous alarmants. One Voice s’étonne donc qu’en juillet dernier le ministre délégué des Transports, de la Mer et de la Pêche français se soit opposé à l’interdiction du chalutage en eau profonde proposée par l’UE. En acceptant leur présence sur les côtes bretonnes et d’ailleurs, il condamne à mort l’Atlantique nord-est et une industrie déjà sous perfusion. One Voice vous invite donc à demander à notre ministre délégué Frédéric Cuvillier de revoir sa position et de voter pour la fin du pillage et de la destruction des océans au profit d’une pêche durable et viable pour tous. Il est urgent de préserver les poissons et notre patrimoine naturel.

* Fait référence au livre éponyme d’Anita Conti
** Bulletin d’alerte environnementale des Nations unies août 2004.
*** Source : enquête de Greenpeace

 

 

Commentaires
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    Gisèle COLOMBEL

    le 3 décembre 2013 à 11h49

    Refusons toute cette « industrie » qui n’a plus rien à voir avec la pêche.

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    Reichmuth

    le 3 décembre 2013 à 09h15

    La nature n’appartient pas à l’homme!!

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    pinat Annick

    le 2 décembre 2013 à 22h42

    Pour sauver l’océan car à ce rythme, la flore ne résistera pas ….

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    PENEY-DAUDEY Nicole

    le 2 décembre 2013 à 22h34

    Arrêtez de détruire les animaux et la nature !!!!

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    Astrid

    le 2 décembre 2013 à 19h55

    Mais que va t’on laisser aux générations futures ????

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    FLOCH Valérianne

    le 2 décembre 2013 à 18h51

    Il faut interdire cette pêche où de trop nombreuses espèces sont prises au piège et bientôt les fonds des océans seront des déserts sous-marins .

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    SALEH

    le 2 décembre 2013 à 17h59

    signée

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    Sandrine MONIN

    le 2 décembre 2013 à 17h38

    Les océans sont le creuset de toute vie, l’humain va se réveiller quand il sera trop tard, égoïste et avide il vit les yeux fermés. J’ai l’impression d’être prisonnière du système, consommer responsable c’est devenu tellement difficile. :-(

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    lagrue

    le 2 décembre 2013 à 17h34

    Pour le respect de tous les êtres vivants sur cette terre!!!

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    Hiedi

    le 19 novembre 2012 à 08h38

    We all are responsible for taking care of the only planet we can live in.

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    jaki

    le 23 octobre 2012 à 14h57

    CONSOMMEZ RESPONSABLE …!!!!!!

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    cherniak

    le 23 octobre 2012 à 02h35

    Les océans sont pollués par les émissions sonores qui empêchent les mammifères marins de se reproduire et de se nourrir. Les requins sont amputés de leurs ailerons pour satisfaire les goûts nippons. Les pêcheurs raclent de plus en plus profond et détruisent les écosystèmes des grands fonds. Dernière victime « vedette » le poison empereur qui vit centenaire, est maintenant chez nos poissonniers rien n’arrête la convoitise. Mangeurs de sushis et de saumons, chacune de vos bouchées ravagent les océans, pensez-y à votre prochaine bouchée!

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    Brizard

    le 16 octobre 2012 à 23h17

    Arrêtons de piller et de ravager nos fonds marins !

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    carayol

    le 16 octobre 2012 à 18h02

    Accentuons les pressions sur les dirigeants pour que l’homme fasse de son coeur, un lieu de vie et d’amour et non la tombe du tiroir-caisse.
    ASSEZ !