Intoxication au mercure : la consommation de poisson en question

Janvier 2013. De nouvelles études soulignent la toxicité du mercure, dont la principale source alimentaire est le poisson. Ce poison cumulatif agit sur tout l’organisme. Arrêter de manger du poisson au profit d’alternatives végétales permettrait de protéger votre santé et de préserver la vie des poissons et des océans.

Une alerte sur la toxicité du mercure est lancée par de nouvelles études du Biodiversity Research Institute et du Zero mercury working group, publiées le 4 décembre 2012. La consommation de poisson est la principale source d’exposition alimentaire de l’homme à ce métal lourd très toxique (lire l’encadré). Il est surtout présent dans les poissons prédateurs (requin, marlin, espadon, lamproie, certaines espèces de thon) mais pas seulement.

« Présent à de faibles concentrations dans l’eau ou les sédiments sous sa forme méthylée, il peut se concentrer très fortement dans les organismes aquatiques, sa teneur tendant à s’élever au fil de la chaîne alimentaire, à chaque fois qu’une espèce en mange une autre », indique l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

La pollution augmente
Si rien n’est fait, la pollution au mercure pourrait augmenter de 50 % d’ici à 2050 dans l’océan Pacifique selon la coalition Zero mercury.
D’après ces études, le mercure est néfaste, notamment sur le développement du cerveau, même à très faible dose. Le Dr Edward Groth, conseiller à l’Organisation mondiale de la santé, précise que « des niveaux d’exposition définis comme sûrs par les seuils officiels causent en fait des effets indésirables ». Elles conseillent de diminuer les valeurs limites de consommation de mercure à un quart des recommandations actuelles des Etats-Unis et de ne pas consommer d’espèces comme le marlin et le thon rouge du Pacifique.

Malformations fœtales
La nocivité du mercure dans l’alimentation est connue depuis les années 1950. Le rejet dans la mer des eaux contaminées de l’usine pétrochimique de Minamata (Japon) avait provoqué des milliers d’empoisonnement au mercure conduisant à des malformations fœtales, des troubles psychiatriques et des décès.
Le mercure se diffuse dans la nature, dont les océans, par les rejets engendrés par les activités humaines : exploitation minière, métallurgie, transformation de pâte à papier, combustion des déchets et des combustibles fossiles en particulier*.

Recommandations pour les femmes enceintes et les enfants
En raison de la toxicité du mercure, l’Anses recommande depuis des années aux femmes enceintes et allaitantes et aux enfants de moins de 30 mois d’éviter de consommer les poissons les plus contaminés et de limiter la consommation de ceux susceptibles d’être fortement contaminés** à 150 g par semaine pour les femmes enceintes et allaitantes et à 60 g par semaine pour les enfants de moins de 30 mois.
Et si vous arrêtiez de manger du poisson pour préserver votre santé et celle de vos enfants ? Des alternatives végétales existent pour fournir des protéines de qualité à l’organisme (soja, céréales) et des acides gras, qui évitent l’ingestion de nombreux toxiques présents dans les denrées animales (viande et poisson) et d’origine animale (lait, œufs, miel) et suppriment la souffrance animale sans nuire à la gastronomie : toutes les recettes sont possibles !
Les ressources en poissons sont de toute façon limitées dans le temps en raison de la surpêche (l’extinction du cabillaud, notamment, est proche). Il est temps de changer les modes de consommation pour le bien de tous, animaux et humains.


Toxique pour tout l’organisme

L’intoxication chronique par le mercure, résultant de son absorption régulière, notamment par des aliments contaminés, et de son accumulation dans l’organisme, perturbe le fonctionnement des cellules et des enzymes de nombreux systèmes.
Elle entraîne des symptômes nerveux (perturbations du développement du système nerveux in utero et pendant l’enfance, retard de développement du fœtus même en l’absence de signes toxiques chez la mère, maux de tête, vertiges, anxiété, dépression, fatigue, troubles du sommeil, engourdissement et gonflement des extrémités, tremblements, troubles de la vision et de l’audition…) et cutanés (rougeurs sur la paume des mains et la plante des pieds, urticaire…).
Elle touche aussi l’appareil digestif (hyper-salivation ou sécheresse buccale, diarrhée, constipation, brûlures du tube digestif, douleurs d’estomac, nausées, perte d’appétit, prise de poids ou amaigrissement) et les reins (présence de protéines et de globules rouges dans les urines).

Troubles hormonaux et infertilité
Le mercure agit aussi sur les systèmes cardiovasculaire et respiratoire et induit des troubles du rythme cardiaque (tachycardie, arythmie…), des douleurs cardiaques, de l’hyper ou de l’hypotension, des difficultés respiratoires… Il dérègle le système immunitaire, ce qui peut conduire à des infections répétées et des allergies.
Enfin, le mercure est à l’origine de troubles hormonaux, agissant notamment sur la thyroïde et la reproduction et pouvant conduire à l’infertilité.

 

*Anses.
** Lottes, loup de l’Atlantique, bonite, anguille, civelle, empereur, hoplostète de Méditerranée, grenadier, flétan de l’Atlantique, cardine, mulet, brochet, palomète, capelan de Méditerranée, pailona commun, raies, grande sébaste, voilier de l’Atlantique, sabres argent et noir, dorade, pageot, escolier noir ou stromaté, rouvet, esturgeon, thon.

 

©Vladimir Piskunov

 

 

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