Expérimentation animale: la nécessaire révision de la directive 1986

Le 27 mars 2009. Les expérimentations sur les animaux suscitent d’importantes préoccupations en France et dans les autres pays d’Europe.

Une majorité des personnes ayant répondu à un sondage récent de la Commission européenne, réalisé auprès d’un échantillon de grande taille, se déclare opposée à toutes ces expérimentations, même dans le cadre de la recherche médicale. Cependant, pas moins de 12 millions d’animaux ont été utilisés dans l’Union européenne en 2005.

L’Europe a aujourd’hui une opportunité historique de renoncer à l’expérimentation animale, cruelle et souvent peu fiable, au profit d’une science moderne, humaine et plus digne du XXIe siècle. Le Parlement européen envisage en effet actuellement de modifier la Directive sur l’expérimentation animale.

Malheureusement, certains députés européens subissent les lourdes pressions d’une industrie de l’expérimentation animale qui représente des milliards d’euros et s’opposent farouchement à toute avancée significative. Ils veulent que les chercheurs puissent continuer de procéder à des expérimentations sur des singes, sur des chats et sur des chiens (même pour servir les objectifs les plus triviaux), d’infliger aux animaux des souffrances à la fois sévères et prolongées, de réutiliser plusieurs fois le même animal, même pour lui faire subir des opérations répétées. Ils veulent ralentir le passage obligatoire aux méthodes substitutives, conserver autant que possible le caractère secret de l’ensemble du système, et même, le plus souvent, faire en sorte que les expériences, avec les souffrances qu’elles impliquent, ne nécessitent pas d’autorisation officielle.

Il existe une meilleure vision des choses. Les méthodes substitutives méritent un financement bien plus important et une volonté réelle. L’UE devrait adopter une politique qui reflète l’opinion publique concernant l’expérimentation animale, faire cesser cette dépendance des chercheurs vis-à-vis des animaux, adopter des objectifs ambitieux pour faire diminuer d’année en année l’utilisation des animaux et instituer des contrôles bien plus stricts des possibilités d’utiliser des animaux et du niveau de souffrance permissible, interdire la répétition non nécessaire des expériences et promouvoir un niveau bien plus élevé de transparence et de responsabilité, seule l’information confidentielle et personnelle ne devant pas être publiée.

La Commission de l’Agriculture du Parlement européen doit procéder à un vote décisif le 31 mars 2009. Nous demandons à toutes les personnes qui se soucient du sort terrible des animaux dans les laboratoires de presser les députés européens de choisir une vision moderne et humaine de la science au XXIe siècle.

 

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